Lawrence Kenwright, fondateur du groupe hôtelier britannique Signature Group, a été interdit d’exercer toute fonction de direction pendant cinq ans par l’Insolvency Service, l’autorité britannique de régulation des faillites. La décision fait suite à des pertes de plus de 5,6 millions d’euros subies par des investisseurs d’une société liée, en raison de la diffusion d’informations promotionnelles trompeuses.
Une interdiction actée juste avant le procès
Lawrence Kenwright a signé un « engagement de disqualification* » quelques jours seulement avant son procès. Ce dispositif juridique permet à un dirigeant de ne pas contester certains griefs formulés par le Secretary of State for Business, Innovation, Science and Trade, en échange d’une interdiction d’exercer. Le ban a pris effet le 18 août 2026 et lui interdit toute implication dans la promotion, la constitution ou la gestion d’une société sans autorisation préalable du tribunal.
*Disqualification undertaking – Spécificité de la Company Directors Disqualification Act 1986 (article 1A) : un engagement volontaire signé par le dirigeant, qui évite le procès en échange de la reconnaissance de fait (mais pas nécessairement de faute) des griefs.
Lawrence Kenwright a dirigé près de 100 sociétés au cours de sa carrière, dont plus de 60 opérant sous la marque Signature, groupe à l’origine de la création des hôtels Shankly et Dixie Dean à Liverpool.
Signature Group en bref
Signature Group est un conglomérat hôtelier basé à Liverpool, fondé par l’homme d’affaires Lawrence Kenwright.
Kenwright a été administrateur de près de 100 sociétés, dont plus de 60 opérant sous la marque Signature
Le groupe est à l’origine de la création des hôtels Shankly et Dixie Dean à Liverpool
Sa structure reposait sur un ensemble de sociétés distinctes, dont Kenwright était l’actionnaire principal ou unique, ce qui créait une propriété commune sans constituer un groupe juridique unifié
Signature Works Gold Limited, l’une de ces entités, commercialisait des espaces de bureau auprès d’investisseurs dans trois immeubles du centre-ville de Liverpool : le Bling Bling Building (Hanover Street), l’Arthouse Hotel (Seel Street) et le 60 Old Hall Street
Ces immeubles étaient en réalité détenus par des sociétés distinctes (Signature Hanover Street Limited, Signature Living Arthouse Square Ltd, Signature Living Residential Ltd), également contrôlées par Kenwright
Signature Works Gold Limited, au coeur du dossier
L’affaire concerne spécifiquement Signature Works Gold Limited, dont Kenwright était l’unique administrateur enregistré. La société commercialisait auprès d’investisseurs des espaces de bureau dans trois immeubles du centre-ville de Liverpool : le Bling Bling Building sur Hanover Street, l’Arthouse Hotel sur Seel Street, et le 60 Old Hall Street. Les loyers perçus auprès des occupants devaient financer les retours versés aux investisseurs.
Les versements aux investisseurs se sont interrompus après septembre 2019. Les documents promotionnels laissaient entendre que les investisseurs obtiendraient un intérêt juridique sur les trois propriétés, enregistré auprès du Land Registry. Or l’enquête a établi que Signature Works Gold Limited ne détenait aucun titre de propriété, libre ou à bail, sur les trois immeubles concernés.
Un montage aux frontières floues entre les sociétés du groupe
Les immeubles étaient en réalité détenus par des entités distinctes, Signature Hanover Street Limited, Signature Living Arthouse Square Ltd et Signature Living Residential Ltd, dont Kenwright était l’actionnaire unique. Bien que le matériel promotionnel présentait Signature Works Gold Limited comme faisant partie du groupe Signature au sens large, elle n’appartenait pas à sa structure juridique. Kenwright constituait le seul lien entre ces différentes sociétés, en tant qu’actionnaire principal ou unique de chacune.
À sa liquidation, Signature Works Gold Limited affichait des actifs inférieurs à 116 870 euros pour des passifs de 5 666 622 euros, reflétant l’ampleur des pertes subies par les investisseurs. La société avait été mise en liquidation judiciaire dans l’intérêt public en décembre 2022, après que les investigations de l’Insolvency Service eurent mis au jour des préoccupations quant à la tromperie des investisseurs.
Les explications de l’Insolvency Service
Kevin Read, chief investigator à l’Insolvency Service, a souligné que les manquements de Lawrence Kenwright en tant que dirigeant avaient eu des conséquences sérieuses pour les investisseurs, dont les pertes découlaient directement de la diffusion d’informations promotionnelles fausses et trompeuses. Il a précisé que si Lawrence Kenwright n’était pas accusé de fraude directe, sa conduite restait néanmoins très en-deçà des standards attendus d’un dirigeant d’entreprise. Il a rappelé que les administrateurs ont la responsabilité de garantir l’exactitude des informations d’investissement diffusées au nom de leur société, et que l’Insolvency Service continuerait d’agir contre les dirigeants manquant à ces obligations, afin de préserver la confiance dans l’environnement des affaires au Royaume-Uni.
Cette affaire relance les interrogations sur la gouvernance des montages d’investissement fractionné dans l’hôtellerie britannique, un modèle de financement qui s’est développé au cours de la dernière décennie autour de projets de rénovation d’actifs patrimoniaux, sans toujours garantir aux investisseurs une transparence suffisante sur la structure de propriété réelle des actifs.
At a glance by The Hospitality Tribune
Lawrence Kenwright, founder of Liverpool-based Signature Group, banned as company director for five years
Ban follows losses of more than £4.8 million (€5.6 million) suffered by investors in Signature Works Gold Limited
Disqualification undertaking signed days before scheduled trial; ban effective since 18 August 2026
Marketing material falsely implied investors held registered legal interests in three Liverpool properties
Signature Works Gold Limited wound up in the public interest in December 2022, with liabilities of £4,848,654 against assets under £100,000












