C’est un dossier, révélé par Forbes et signalé par OffshoreAlert, qui met en cause l’un des investisseurs les plus en vue de l’hôtellerie mondiale. L’association des propriétaires du Four Seasons Resort Estates a porté plainte le 11 août contre Nevis Peak Holdings devant la Delaware Chancery Court, réclamant potentiellement plus de 100 millions de dollars de dommages et intérêts.
Nevis Peak dépend de Cascade, véhicule d’investissement de Bill Gates entré au capital de la propriété en 2016. La plainte précise que Cascade contrôle par ailleurs 71,25 % du groupe Four Seasons Hotels and Resorts, aux côtés du Prince Alwaleed Bin Talal Alsaud, dont la holding Kingdom détient les 23,75 % restants.
L’exploitant du site, qui avait notamment porté Billy Cueto à la direction générale du Four Seasons Resort Nevis en 2022 avant que ce dernier quitte son poste en juin 2025, n’apparaît pas parmi les défendeurs : seule la structure propriétaire est poursuivie.
Le contrat qui lie les résidents au complexe repose sur un droit d’entrée de 100 000 dollars par foyer, complété par une cotisation annuelle qui grimpe jusqu’à 13 000 dollars. S’y ajoutent des commissions de gestion : 25 % sur les travaux d’entretien courant, 15 % sur les chantiers de plus grande ampleur. Au total, l’association évalue à plus de 20 millions de dollars les sommes versées depuis 2013 au titre de ces frais.
En contrepartie, les plaignants décrivent un site à l’abandon : équipements de golf endommagés, bassins de piscine partiellement dégarnis de leur carrelage, salle de sport vieillissante voire hors d’usage, ordures visibles sur le practice et aux abords du domaine. Le réseau électrique et les systèmes d’alimentation en eau feraient également l’objet de défaillances récurrentes.
L’incendie d’octobre 2022, qui avait ravagé le pro-shop de golf et la salle de fitness, cristallise l’essentiel des griefs. Près de quatre années après le sinistre, ces bâtiments n’auraient toujours pas retrouvé leur usage, un délai que l’association juge incompatible avec le positionnement haut de gamme du complexe.
Les propriétaires demandent d’abord au juge d’ordonner la remise en état du site. À défaut, ils réclament une compensation financière calculée notamment sur la perte de valeur patrimoniale et locative de leurs villas, susceptible de dépasser 100 millions de dollars.
Contactée, Cascade Asset Management a fait savoir qu’elle comptait se défendre avec fermeté, qualifiant les accusations de dépourvues de fondement. La procédure n’en est qu’à son stade initial et le tribunal ne s’est pas encore prononcé sur le bien-fondé des griefs formulés par l’association.
Le dossier intervient alors que le groupe Four Seasons, qui n’est pas mis en cause dans l’instruction, poursuit par ailleurs son développement mondial, avec 180 propriétés supplémentaires annoncées d’ici 2033, incluant plusieurs projets résidentiels sur l’île de Nevis.













