L’Alliance France Tourisme a publié le 20 août 2026 (télécharger l’étude) ses premières tendances de l’été dans les hôtels, résidences de tourisme et villages vacances français. Selon le think tank, qui réunit les entreprises leaders du secteur touristique, la saison se recompose sous l’effet de trois forces convergentes : une chaleur historique qui déplace la demande vers les côtes de la Manche et la montagne, des arbitrages de pouvoir d’achat qui reportent une partie des départs vers juin et septembre, et un haut de gamme, porté par les clientèles internationales, qui continue de tirer les prix vers le haut.
Un début de saison porté par Paris et l’événementiel
En juin, l’hôtellerie française affiche un taux d’occupation de 79,1 %, en hausse de 1,3 point par rapport à 2025, pour un revenu par chambre disponible (RevPAR) en progression de 3,7 %. Juillet confirme cette dynamique avec +0,9 point d’occupation et +3,3 % de RevPAR, alors même que le mois, avec une température moyenne de 24,9 °C, s’impose comme le plus chaud jamais mesuré en France.
Paris conserve son rôle de locomotive nationale, avec un taux d’occupation de 90 % en juin puis 84,6 % en juillet, en hausse de 1,5 point. L’Esports World Cup, relocalisée à Paris cet été, a soutenu cette performance : l’hôtellerie parisienne a dépassé 85 % d’occupation dès la semaine d’ouverture de la compétition, et le 15e arrondissement, qui accueille l’événement, gagne 4,3 points d’occupation et plus de 10 % de RevPAR en juillet.
Une mi-août attentiste, entre géopolitique, prix et incendies
Le cœur de saison marque une pause. Du 1er au 17 août, le taux d’occupation s’établit à 72,5 %, en retrait de 0,7 point par rapport à 2025, pour un RevPAR en baisse de 1,5 %. Déclaré le 22 juillet et maîtrisé au début du mois d’août, l’incendie de Gironde, qui a touché environ 42 000 hectares, a pesé sur les séjours d’août par le jeu des annulations : après un mois de juillet préservé, le département perd 10 points d’occupation, quand les territoires voisins se maintiennent.
La traditionnelle vague de réservations de dernière minute ne s’est pas pleinement concrétisée, entre le regain de tensions autour de l’Iran depuis le début du mois de juillet, qui a renforcé l’attentisme des clientèles du Golfe, et des prix de cœur de saison historiquement élevés. Le phénomène s’observe à l’échelle nationale, toutes gammes et toutes zones confondues, avec des niveaux qui demeurent néanmoins élevés en valeur absolue.
Bretagne, Alpes du Nord, Côte d’Azur : les nouveaux moteurs de la saison
L’un des enseignements majeurs de la saison est l’élargissement de la carte touristique française. La Bretagne s’établit comme la grande alternative estivale, avec 1,6 point d’occupation supplémentaire en août, un RevPAR en hausse de 6,1 % par rapport à 2025 et de 19 % par rapport à 2024, une dynamique qui dépasse son seul littoral, occupé à plus de 90 % au cœur de l’été. Les Alpes du Nord confortent quant à elles leur statut de destination bi-saisonnière, avec un RevPAR en hausse de 22 % vs 2025 en juin.
La Côte d’Azur demeure la valeur sûre et la vitrine internationale de la destination France : la Méditerranée orientale affiche en juin un RevPAR en hausse de 12 % vs 2025 et de 30 % vs 2024, et dépasse 90 % d’occupation en plein été. Sur l’ensemble du territoire, le haut de gamme et le luxe continuent de tirer l’activité, avec un RevPAR en hausse de 4,4 % en juin et de 5,1 % en juillet, sans écraser les autres segments, tous en progression.
Le littoral de la Manche, plus forte progression de l’été
Dans un mois de juillet marqué par une chaleur historique, le littoral de la Manche, du Havre à la Côte d’Opale, affiche la plus forte progression de tous les littoraux français : +4,5 points d’occupation sur un an et près de 10 points en deux ans. La hausse s’accélère à partir de la mi-juillet, bénéficie particulièrement aux destinations accessibles et tempérées, et se prolonge en août au-delà de 90 % d’occupation. Elle irrigue également l’arrière-pays, la Normandie entière gagnant 2,6 points sur le mois.
Cette chronologie suggère un report d’une partie de la demande, sous l’effet combiné des conditions climatiques, des arbitrages budgétaires et de la recherche de séjours de proximité. Le mouvement s’accompagne d’une montée en gamme localisée : Le Touquet accroît son revenu par chambre d’environ un quart sur un an, tandis que Deauville, où le Barrière Le Normandy reste l’un des établissements emblématiques de la Côte Fleurie, Cabourg, Trouville-sur-Mer ou Ouistreham performent particulièrement, avec des revenus par chambre en hausse de plus de 10 % vs 2025 en juillet.
Des réservations qui annoncent une fin de saison dynamique
Les prises de réservation, en avance par rapport à l’année dernière à la même date, confirment le report de la demande sur les ailes de saison, portées par les clientèles libres de leur calendrier, qui partent en juin ou en septembre pour retrouver du pouvoir d’achat. La seconde quinzaine d’août s’inscrit au-dessus de l’an passé, avec une progression de 2 à 5 points de taux d’occupation selon les jours. Septembre se présente au niveau de 2025 ou légèrement au-dessus, avec une avance qui atteint 2 à 6 points sur la dernière semaine du mois, avant même l’essentiel des réservations.
Malgré le trou d’air de la première quinzaine d’août, la saison juin-septembre s’oriente ainsi vers un résultat positif, du niveau des deux excellents étés précédents. La France, dont le gouvernement a confirmé l’accueil de 102 millions de visiteurs internationaux en 2025, poursuit ainsi la consolidation de son attractivité touristique.
L’Europe du Sud consolide son statut de destination refuge
Dans un contexte géopolitique instable, les clientèles internationales privilégient l’Europe, au premier bénéfice de son flanc sud. L’Espagne dépasse 82 % d’occupation en juin comme en juillet et entame août en nette progression, avec +3,2 points, confirmant que l’écart de compétitivité se creuse chaque année entre les deux leaders européens. L’Allemagne renoue avec la croissance, avec un RevPAR en hausse de 7,2 % en juin, tandis que l’Italie marque le pas. La France demeure, avec l’Espagne, l’un des deux principaux moteurs du tourisme européen.
L’été 2026 confirme ainsi deux mouvements de fond : l’étalement de la fréquentation sur les ailes de saison et l’élargissement de la carte des destinations. La France n’a jamais eu autant de moteurs touristiques en même temps, une situation que l’Alliance France Tourisme invite les acteurs du secteur et les pouvoirs publics à accompagner.
Les faits saillants de l’été 2026
La visite du pape Léon XIV à Metz, prévue le 28 septembre, remplit déjà les hôtels : plus de huit chambres sur dix sont réservées pour la nuit de sa venue, à six semaines de l’échéance. Le Grand Prix de Monaco, disputé le 7 juin et non plus fin mai, a déplacé son pic hôtelier sur le mois de juin : entre Menton et Monaco, les prix ont progressé de près de deux tiers sur un an, à occupation stable. Dunkerque affiche quant à elle complet, avec plus de neuf chambres sur dix occupées du 1er au 17 août, en progression de plus de 8 points sur un an, confirmant l’installation du littoral Nord parmi les destinations estivales.
At a glance by The Hospitality Tribune
France’s summer 2026 hotel season, by the numbers
June occupancy reached 79.1% (+1.3pt YoY), with RevPAR up 3.7%; July confirmed the trend (+0.9pt occupancy, +3.3% RevPAR)
Early-to-mid August softened (Aug 1-17: 72.5% occupancy, -0.7pt YoY) amid the Gironde wildfire and Gulf clientele caution over Iran tensions
The English Channel coast posted the strongest coastal growth of the summer: +4.5pt occupancy YoY, nearing +10pt over two years
Brittany emerged as the top alternative destination, with RevPAR up 6.1% YoY and 19% vs 2024
Late-August and September bookings run ahead of 2025, pointing to a positive June-September season overall
Spain and France remain Europe’s two leading summer tourism markets, both benefiting from Southern Europe’s « safe haven » status













