Regis Maybourne (UK) Ltd et Selene SARL, filiale de Constellation Hotels Holding Limited, ont annoncé le 21 août 2026 un nouveau cadre d’actionnariat et de gestion pour leur portefeuille commun d’hôtels de luxe.
L’accord, conclu entre les deux actionnaires historiques du groupe, met un terme à quinze ans de copropriété entre les intérêts irlandais de Regis Maybourne et les intérêts qataris regroupés sous Constellation Hotels. Claridge’s, le Connaught, le Berkeley et l’Emory à Londres, ainsi que les développements de Paris et Los Angeles, changent ainsi officiellement de mains, sans que les hôtels ne changent d’opérateur dans l’immédiat.
Une séparation qui solde quinze ans de copropriété
Le groupe Maybourne, ex-Savoy Hotel Group, était détenu conjointement depuis 2015 par ces deux familles actionnaires. Cette structure à deux têtes avait déjà généré l’un des contentieux actionnariaux les plus médiatisés de l’hôtellerie de luxe, opposant l’homme d’affaires irlandais Paddy McKillen aux membres de la famille royale qatarie sur la valorisation de sa participation initiale.
Le nouveau cadre d’actionnariat, distinct de ce contentieux, clarifie en revanche la propriété des actifs, dans un contexte où le groupe avait déjà connu plusieurs mouvements de gouvernance, notamment le départ de Roland Fasel de son poste de directeur des opérations plus tôt cette année.
Qui garde quoi : la répartition des actifs
Regis Maybourne (UK) Ltd devient propriétaire exclusif de Maybourne, la société d’hôtellerie ultra-luxe, et conserve Claridge’s à Londres, fleuron du portefeuille, ainsi que The Maybourne Riviera dans le sud de la France et The Maybourne Beverly Hills en Californie.
Constellation Hotels conserve pour sa part les propriétés emblématiques et ultra-luxueuses que sont le Connaught, l’Emory et le Berkeley à Londres. L’entité garde également la main sur les développements internationaux du groupe, dont le futur hôtel Saint-Germain à Paris ainsi qu’un développement annoncé à Marrakech. Les accords de gestion hôtelière existants restent en vigueur, Maybourne continuant d’exploiter l’ensemble du portefeuille pour une période définie contractuellement. La propriété des actifs hôteliers sous-jacents reste par ailleurs inchangée, seule la structure actionnariale évoluant.
Regis Maybourne (UK) Ltd et Constellation Hotels affirment rester conjointement engagés à préserver l’héritage remarquable, les standards de service exceptionnels et les expériences client hors norme qui font la réputation de ces établissements emblématiques.
Une gouvernance recomposée

La scission s’accompagne d’un remaniement à la tête des deux entités. Marc Socker reste directeur général de Maybourne.

Gianluca Muzzi, qui occupait jusqu’ici la fonction de co-directeur général du groupe, quitte ce rôle pour prendre la direction générale de Constellation Hotels. D’autres nominations liées aux opérations hôtelières seront annoncées prochainement, selon le communiqué des deux actionnaires.
Marc Socker a déclaré : « Pendant de nombreuses années, sous une double propriété, Maybourne a exploité un portefeuille remarquable d’hôtels, des établissements qui définissent les standards de l’hôtellerie ultra-luxe dans le monde entier. Bien que nous ne soyons plus copropriétaires, nous restons partenaires, et je tiens à être clair auprès de nos équipes, de nos clients, de nos fournisseurs et de nos confrères du secteur : rien ne change dans la façon dont ces hôtels sont exploités ou vécus, ni dans l’engagement de Maybourne envers l’excellence. »
Ce remaniement de gouvernance intervient quelques jours après la nomination de José Silva, ancien directeur général du groupe Jumeirah entre 2018 et 2022 et fort de plus de deux décennies passées au sein de Four Seasons Hotels and Resorts, au poste de chairman de Maybourne.
Une exploitation unifiée, mais pour une durée limitée
Les deux groupes ont pris soin de préciser que les accords de gestion hôtelière existants restent en vigueur, Maybourne continuant d’exploiter l’ensemble du portefeuille, y compris les hôtels désormais détenus par Constellation, mais pour une période définie contractuellement et non pérenne. Cette clause transitoire vise à garantir la continuité opérationnelle et l’expérience client le temps que chaque actionnaire structure sa propre organisation de gestion.
Selon certains experts du secteur, « il y a fort à parier » qu’à terme, ces hôtels, tout en conservant leur propre identité, intégreront le portefeuille d’un opérateur international proche de Constellation….
Pour le marché hôtelier de luxe international, cette clarification actionnariale intervient à un moment charnière du développement du groupe, alors que Constellation prépare l’ouverture de son hôtel parisien et qu’un projet est annoncé à Marrakech. Elle marque aussi la fin d’un modèle de copropriété qui aura, pendant plus d’une décennie, entretenu une ambiguïté de gouvernance entre deux actionnaires aux intérêts parfois divergents.
Une lecture possible de la restructuration
Ni Regis Maybourne (UK) Ltd ni Constellation Hotels n’ont détaillé les motivations stratégiques de cette nouvelle architecture actionnariale. Plusieurs lectures peuvent néanmoins être avancées, à titre d’hypothèses de la rédaction et non de motivations confirmées par les parties.
La première renvoie à une logique de marque et de développement commercial. En clarifiant la propriété de chaque actif, l’opération pourrait ouvrir la voie à une spécialisation progressive des deux entités : d’un côté, un segment résidentiel ou mixte porté par la marque Maybourne elle-même, à l’image du projet Saint-Germain à Paris qui combine déjà hôtel de style palace et résidences privées de marque (avec une conversion à venir pour le Maybourne Riviera ?) ; de l’autre, un segment plus classiquement hôtelier, où les établissements pourraient à terme être confiés à l’exploitation de groupes hôteliers internationaux, sur le modèle des marques ultimes de luxe que ces groupes opèrent déjà. Cette hypothèse reste cependant à confirmer, aucune annonce de ce type n’ayant été formulée par les deux actionnaires.
Une seconde lecture s’inscrit dans le contexte concurrentiel du segment des palaces internationaux et de l’ultra-luxe, marqué ces dernières années par une intensification de la concurrence entre groupes indépendants et grandes enseignes internationales. Une gouvernance clarifiée, avec un actionnaire unique par actif, pourrait faciliter des décisions d’investissement plus rapides face à cette pression concurrentielle croissante.
Quant à l’impact de cette scission sur le contentieux opposant Paddy McKillen aux intérêts qataris du groupe, il demeure, à ce stade, plus incertain. La sentence arbitrale de 700 à 800 millions de livres sterling (environ 817 à 934 millions d’euros) obtenue en 2025 porte sur Claridge’s, le Connaught et le Berkeley, trois établissements que la nouvelle répartition sépare désormais entre deux actionnaires distincts. Si cette configuration modifie mécaniquement la structure d’exposition juridique, rien n’indique à ce jour qu’elle ait constitué un objectif recherché par les parties, qui n’ont fait aucun commentaire en ce sens.
At a glance by The Hospitality Tribune
Maybourne Group agrees new ownership structure, announced 21 August 2026
Regis Maybourne (UK) Ltd becomes sole owner of Claridge’s, The Maybourne Riviera and The Maybourne Beverly Hills
Constellation Hotels retains The Connaught, The Berkeley, The Emory, plus the Paris Saint-Germain and Marrakech projects
Existing hotel management arrangements remain in place, with Maybourne operating the full portfolio for an agreed period
Marc Socker remains CEO of Maybourne; Gianluca Muzzi returns from Co-CEO of Maybourne to lead Constellation Hotels
Further hospitality operational appointments to be announced shortly
José Silva, former Jumeirah Group CEO, was appointed Chairman of Maybourne days before the announcement













