Une entreprise familiale sur deux s’attend à connaître une augmentation de son chiffre d’affaires en 2021 », prévoit PriceWaterhouseCoopers dans sa dixième enquête biennale « Entreprises familiales 2021 ». De son côté, KPMG met aussi en avant la résistance des entreprises familiales par temps de pandémie. (…)

Dans les Pyrénées-Orientales, l’entreprise Roussillhotel, un groupe hôtelier de dix établissements géré par trois frères et leur sœur, illustre cette gestion singulière des affaires en famille. Alix, Thibault, Étienne et Xavier Lormand tiennent les rênes d’une entreprise familiale de 250 salariés – 400 en saison estivale –, créée par leurs parents, Guy et Jacqueline Lormand en 1982.

« Nous avons la même ambition »

« Durant la crise, nous avons fait le choix de continuer à investir massivement, à prendre des risques financiers », souligne Xavier Lormand, fils aîné et président du groupe, actionnaire à parts égales avec ses deux frères et sa sœur. Face à la crise, mais aussi de manière générale, « nous savons réagir très vite, puisque nous avons la même ambition. C’est selon moi l’un des atouts d’une entreprise familiale », poursuit le dirigeant. L’entreprise, qui atteint un chiffre d’affaires consolidé de 24 millions d’euros, a acquis et vient de rénover un hôtel historique, trois-étoiles, en centre-ville de Montpellier.

Chez Roussillhotel, un comité de famille, équivalent aux comités de direction d’une société classique, se réunit chaque mardi matin. L’organisation générale de l’entreprise, les ressources humaines, le développement commercial, y sont abordés. Au sein de la fratrie, chacun gère un ou plusieurs établissements hôteliers du groupe, avec son conjoint, également membre du directoire.

« Le comité n’interfère pas dans la gestion de chacun. En famille, nous apportons une vision pour l’intégralité du groupe, ajoute Xavier Lormand.Il peut bien sûr arriver que nous ayons des divergences. Le secret, c’est de se parler souvent. »

Une transmission enclenchée il y a quinze ans

Connue pour être difficile à préparer comme à réaliser, la transmission des entreprises familiales a été, chez les Lormand, enclenchée il y a déjà quinze ans. Guy et Jacqueline se sont peu à peu effacés. « Mon père, âgé de 83 ans, participe de temps en temps aux comités. Nous lui faisons part de nos projets. Il nous donne quelques conseils, qu’on ne suit pas toujours », confie le fils aîné.

De cet héritage familial, la fratrie perpétue le « goût de bâtir et de faire sortir les idées de terre », insufflé par leurs parents. Arrivé récemment dans les rangs de la direction, un nouveau directeur général, qui n’est pas issu de la famille, a rejoint l’équipe. « Il a la lourde tâche de comprendre et d’accompagner chacun des membres dans le développement des établissements. Il apporte la coordination qui nous manquait », reconnaît Xavier Lormand.

Pour cette entreprise qui parie sur l’essor de l’hôtellerie indépendante, mettre en avant son caractère familial auprès des clients est aussi un moyen d’attirer. « Nous racontons notre histoire avec fierté. Les Français sont attachés à la famille. De la même manière que la tendance est au « consommer local », notre identité familiale donne du sens. Nos clients sont fidèles. » (…) Lire la suite sur La Croix