USA | À New York, le réveil des restaurateurs français

Épicentre du Covid-19 l'an dernier, les restaurants peuvent aujourd'hui et grâce au vaccin, de nouveau remplir leurs salles. Avec beaucoup d'énergie, les Français tirent leur épingle du jeu.

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Il aura suffi d’un matin de printemps. Autour des gratte-ciel, sous le ciel bleu azur de New York, celui qui avait vu les tours tomber un 11 septembre il y a presque 20 ans, le même, immense, qui évoquait les grands espaces de l’Ouest, celui qui depuis la pandémie semblait voilé, hommes et femmes aujourd’hui s’activent, la vie reprend. Au pire de la pandémie, une ville fantôme, avenues vides, rideaux de fer devant maintes boutiques et restaurants, avait remplacé Big Apple de nos rêves (on parle de 5 000 restaurants disparus), mais grâce à une campagne de vaccination massive, ce mois d’avril sonne le renouveau.

Depuis des mois, certains restaurants ont pu profiter d’un coin de rue ou d’un trottoir pour y installer tables et chaises, protégés des éléments par des baraquements improbables qui vont de la serre en plastique à la cabine de plage style Deauville 1920, ou encore au « chalet indonésien ». Récemment rouvertes à 50%, les salles accueillent enfin des clients affamés de convivialité. Le Figaro est allé à la rencontre des chefs français de Manhattan.

« Nous nous sommes battus toute l’année, » explique le restaurateur Yann N’Diaye, copropriétaire du Moulin à Café en face du lycée français dans l’Upper East Side. Résultat : 2020 a battu les chiffres de 2019 ! « Dès que possible, nous avons sorti tables et chaises sur le trottoir, puis les livraisons ont explosé. » Dans ce quartier résidentiel confiné, l’établissement a fait office de centre communautaire et, grande nouveauté, « les New-Yorkais ont découvert les trottoirs !». Si par le passé, le bruit, la chaleur ou les odeurs de la ville importunaient, aujourd’hui, les habitants y ont pris goût et les terrasses surgissent partout.

Ancré près de Central Park, le chef étoilé Daniel Boulud a lancé DB Kitchen qui livre et vend des plats à l’emporter. Avec son architecte Stéphanie Goto, il a revu la somptueuse salle à manger du Daniel, son restaurant gastronomique. Grâce à des partenaires tels que la maison Hermès (pour le papier peint) et Lavazza, il a créé «Boulud-sur-Mer», concept éphémère pour « emmener les New-Yorkais en vacances dans le sud de la France ». Mais ce sont surtout les dix-sept magnifiques cabines de plage, style années 1920, qui auront attiré les clients. Insonorisées, chauffées et recouvertes de tissus à rayures, elles ont été construites sur le trottoir qui longe le restaurant. (…) Lire la suite sur Le Figaro