Les Bains Paris, une piscine vidée… et reconvertie en restaurant

RECONVERSION - Pour tenter de survivre à la crise du Covid-19, plusieurs établissements hôteliers font preuve d'imagination en transformant leurs locaux de façon inattendue.

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Restrictions, fermetures forcées, diminution du nombre de touristes… Depuis le début de la crise sanitaire, le secteur de l’hôtellerie est à la peine. Selon l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih), 15% des établissements (hôtels, restaurants, cafés ou discothèques) pourraient baisser définitivement le rideau d’ici à la fin de l’année, et même 30% dans la région parisienne. Et ce malgré les aides du gouvernement. Pour tenter de rester à flot, certains d’entre eux font preuve d’imagination.

Depuis le 17 septembre, l’établissement des Bains Paris, dans le 3e arrondissement de Paris, a mis sur pied un nouveau concept. Pour faire face à la fermeture temporaire de son hôtel et la mythique boîte de nuit des Bains Douches, il a décidé d’étendre le territoire de son restaurant, le Roxo. Ainsi, au-delà de la possibilité de manger dans la salle de restaurant, les clients peuvent désormais dîner au fond de la piscine, vidée pour l’occasion, et sur le dancefloor du club, avec son damier noir et blanc désigné par Philippe Starck. Il est aussi possible de réserver une table dans les suites de l’hôtel, dont la suite Penthouse, et sur leurs terrasses. L’ancien réservoir d’eau des Bains Guerbois est aussi réservable pour des dîners privés jusqu’à 10 couverts, précisent les Bains Paris.
Comme les Bains, le Normandy Hotel a décidé d’installer un restaurant “caché” dans trois de ses chambres, transformées pour l’occasion par l’artiste Rémi Tamain. Reprenant l’univers d’Alice au Pays des Merveilles, s’inspirant du décors de la toile des époux Arnolfini de Jan Van Eyck ou des prémices de la révolution picturale autour de L’Origine du monde de Gustave Courbet, chaque chambre est conçue pour accueillir une tablée de minimum deux convives. Ceux-ci auront la possibilité, pour le prix du repas, de profiter de la chambre jusqu’au lendemain matin.

Pour renflouer les caisses, d’autres établissements hôteliers ont eu l’idée de transformer leurs chambres en bureaux pour la clientèle de professionnels en déplacement, ou en télétravail. C’est ce qu’a fait l’hôtel Mondial, un trois étoiles situé à Perpignan. Après avoir accueilli pendant le confinement des infirmières et des travailleurs du coronavirus, et alors que toutes les réservations du mois de juillet on été annulées, la propriétaire de l’hôtel a pris la décision de transformer 14 de ses 41 chambres. Chacune d’elles, proposée à 20 euros la demi-journée et 30 euros la journée, est désormais dotée de tables permettant de travailler, d’un ordinateur écran plat, d’une multiprise, d’une lampe, voire d’une machine à café.

A Bressuire, dans les Deux-Sèvres, l’hôtel Plume a opté pour la même solution après avoir perdu toute sa clientèle familiale, qui venait au Puy du Fou, au Futuroscope, ou du Marais poitevin. “C’est un pari”, reconnaît Pierre-Jean Drouillard dans La Nouvelle République“Je le fais aussi pour aider les entreprises à redémarrer. Elles ont été fermées pendant deux mois et elles vont devoir réunir leurs salariés.” Les chambres sont proposées à 160 euros la journée.

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