La réouverture des hôtels comporte des risques si les canalisations ne sont pas vérifiées

Alors que le secteur hôtelier est prêt à rouvrir ses portes et à accueillir de nouveau ses clients, certains risques pour la santé publique peuvent survenir si les conduites d’eau des hôtels n’ont pas été correctement gérées pendant la fermeture, a averti une experte de la santé.

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Avec la hausse des températures, les systèmes de distribution d’eau risquent d’être colonisés par des agents pathogènes tels que la bactérie légionelle.

Les cultures de cette bactérie responsable de la pneumonie peuvent proliférer dans les parties chaudes des systèmes d’eau et des circuits de refroidissement, puis se propager par le biais de la buée émise par les unités de climatisation des grands bâtiments.

La plupart des épidémies et des cas de légionellose surviennent pendant la saison estivale, explique Susanne Lee, microbiologiste ayant de nombreuses années d’expérience dans les agences de santé publique britanniques et actuellement directrice d’une société de conseil indépendante, Legionella Ltd.

Selon l’experte, ce risque augmente si les principaux moyens de contrôle de la prolifération de légionelles dans les systèmes d’eau n’ont pas été mis en place lors des fermetures de la filière hôtelière.

« Au début de la pandémie de Covid-19, nous avons élaboré des lignes de conduite pour aider les gens à fermer les bâtiments en toute sécurité, en particulier dans le secteur de l’hébergement », a-t-elle expliqué.

Les agences de santé publique ont proposé une série d’options pour l’entretien adéquat des systèmes d’eau qui pourraient permettre d’éviter le coûteux traitement chimique au biocide en cas de détection d’eau contaminée.

L’entretien idéal des systèmes d’eau consiste à maintenir la température de l’eau froide en dessous de 20 degrés – ou 25 s’il n’est pas pratique pour les bâtiments de l’atteindre – et au-dessus de 50 degrés pour l’eau chaude – ce qui signifie que dans la minute qui suit l’ouverture du robinet, il faudrait pouvoir atteindre 50 degrés au moins, et idéalement 55.

La généralisation de la surveillance de la bactérie legionella à tous les réseaux d’eau potable de l’UE fait partie de la nouvelle analyse d’évaluation des risques incluse dans la directive européenne révisée sur l’eau potable.

Il existe 62 espèces de cette bactérie connues à ce jour, mais c’est legionella pneumophila sérogroupe 1 qui provoque la plupart des infections par la légionellose et la forme mortelle de pneumonie. En 2018, la legionella pneumophila représentait environ 94,1 % des cas confirmés en Europe.

Dans l’annexe III de la directive sur l’eau potable, les États membres de l’UE auront la possibilité d’utiliser des tests alternatifs de legionella pneumophila pour atteindre les objectifs de protection de la santé publique et sont également invités à établir des lignes directrices pour les méthodes d’échantillonnage des légionelles.

Comment (ne pas) contracter la légionellose

Fondamentalement, tous les bâtiments qui utilisent ou stockent de l’eau ont besoin que leurs systèmes d’eau soient bien gérés pendant la pandémie, selon l’experte. Tout équipement qui contient de l’eau, comme les piscines spa et les jacuzzis, est également concerné.

« Pour qu’il y ait contamination, il faut qu’il y ait un système contenant de l’eau et que la legionella soit disséminée dans l’environnement », a-t-elle précisé.

La manière la plus courante pour les personnes d’être infectées est d’inhaler des aérosols très fins qui proviennent de sources d’eau contaminées.

« Qu’il s’agisse de prendre une douche, d’ouvrir un robinet ou de tirer la chasse d’eau, la force de l’eau qui frappe la surface crée un aérosol », a expliqué l’experte.

Toutefois, les systèmes d’eau chaude et froide sont la deuxième source d’infection la plus courante, puisque dans le passé, quelques grandes épidémies ont été causées par des systèmes de refroidissement par évaporation, comme ceux utilisés pour le refroidissement de confort dans les hôtels.

L’exposition peut également être de courte durée. « Nous savons, par exemple, que lorsque nous avons eu une épidémie à Londres à cause d’une colonne de refroidissement sur le toit de la BBC, quelqu’un qui était assis dans un bus en plein air a contracté la légionellose juste en passant par Piccadilly », a indiqué Mme Lee.

Cela dépend en grande partie de la vulnérabilité des personnes aux infections, car celles qui présentent des pathologies sous-jacentes – fumeurs, personnes immunodéprimées ou diabétiques, par exemple – sont plus susceptibles de contracter cette maladie.

Des tests sont nécessaires

En période de non-Covid, environ la moitié des cas de légionellose au Royaume-Uni sont liés aux voyages, a déclaré l’experte à EURACTIV. (…) Lire la suite sur Euractiv