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Ivan Lartisien, à la tête de Grand Luxury Hotels avec son frère Rouslan

Il a démarré avec son frère, Rouslan, Grand Luxury Hotels, dans une chambre de service en 2007. Pour survivre à la crise sanitaire, les patrons de cette plateforme de réservations d'hôtels de luxe se sont même improvisés réalisateurs pour filmer leurs hôtels sur Youtube.

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Il a démarré avec son frère, Rouslan, Grand Luxury Hotels, dans une chambre de service en 2007. Pour survivre à la crise sanitaire, les patrons de cette plateforme de réservations d’hôtels de luxe se sont même improvisés réalisateurs pour filmer leurs hôtels sur Youtube.

 

Lorsqu’il franchit le seuil d’un hôtel pour la première fois, Ivan Lartisien garde son regard d’enfant. « Durant les vacances, mon frère Rouslan et moi voyagions beaucoup avec nos parents, se souvient ce fils d’un PDG et d’une traductrice de l’OCDE. Lorsque nous arrivions à l’hôtel, notre première préoccupation était d’en découvrir les coulisses. » Cuisines, vestiaires du personnel, greniers aux portes grinçantes et autres lieux interdits prenaient alors des allures de souterrain mystérieux, de château fort, de labyrinthe secret… Une carrière tient parfois à ces fugaces sensibilités.

Trois décennies plus tard, Ivan Lartisien, 47 ans, codirige avec son frère Rouslan, de dix ans son cadet, une plateforme de réservations d’hôtels de luxe. Baptisée « Grand Luxury Hotels », elle est devenue, en une dizaine d’années, un catalogue prisé tant par les grands hôtels que par leur clientèle.

Réalisateurs sur Youtube

S’ils ne payent pas pour être référencés, les établissements versent à la plateforme une commission pour chaque client apporté. « Nos équipes ou nous-mêmes visitons, y compris de façon anonyme, tous les hôtels que nous présentons à travers le monde », affirme Ivan Lartisien, qui organise aussi des voyages de luxe.

En quête de débouchés durant la crise sanitaire, les deux frères se sont, en prime, improvisés réalisateurs pour le compte de ces « palaces » : moyennant finances, leur chaîne sur Youtube filme les hôtels qu’ils répertorient. Quelque 42 vidéos sont déjà en ligne.

Et ils voient grand : « Nous n’allons pas nous limiter aux hôtels. Nous souhaitons aussi valoriser les savoir-faire artisanaux des villes où ils se trouvent », précise Ivan Lartisien, qui, cet été, a signé 20 projets de films. Parmi leurs clients figurent des noms prestigieux tels que Il Sereno, sur le lac de Côme, le Grace Santorini, à New York, ou encore le Corinthia, à Londres.

Dans une chambre de service

Pourtant, se lancer dans la voie du luxe tenait du pari. Les deux frères et un informaticien ont démarré… dans une chambre de service, en 2007. Ils n’ont recruté qu’en 2011. Leur entreprise compte aujourd’hui 75 collaborateurs pour un volume d’affaires de 100 millions d’euros en 2019. « Au début, nous cachions à nos interlocuteurs que nous n’étions que trois. Nous allions jusqu’à répondre avec des noms différents, contrefaire des voix. Il y avait de quoi devenir schizophrène ! Nous nous sommes beaucoup amusés », confie Ivan Lartisien.

Des débuts à la SNCF

Sous les injonctions de ses parents, il a d’abord renoncé à faire une école hôtelière, s’orientant vers l’ESC Reims, puis sur les bancs de Paris-Dauphine. Il a ensuite démarré à la SNCF. Dix ans plus tard, le jour de sa démission, il était directeur général adjoint de la ligne TGV-Lyria. « Travailler dans l’industrie du service m’a beaucoup plu. Mais plus que de la sécurité de l’emploi, j’avais besoin d’entreprendre et de retrouver le monde de l’hôtellerie. »

Ivan Lartisien vante les mérites du travail entre frères : « On se connaît parfaitement et on peut se disputer, ça n’est jamais grave ni définitif. » Il s’occupe de la communication ; Rouslan, du numérique. Ivan est le plus poète.

« Nabucco » et l’opéra

A 13 ans, traîné par sa grand-mère russe à une représentation de « Nabucco », il s’est épris d’opéra et ne s’est jamais départi de cette passion. « Ca n’est pas facile, à 14 ans, de dire que l’on aime l’opéra ! On essuie des moqueries. Lorsqu’elle avait 12 ans, j’ai tenté de convertir ma fille. Echec total ! Elle en a 18, et m’a affirmé qu’elle n’y retournerait jamais ! » Il en tire quelques regrets.

La démarche ne surprend pas Louise du Boislouveau, (…) Lire la suite sur Les Echos Entrepreneurs

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