Federico Gonzalez (Radisson Hotel Group): “C’est l’Europe qui a le plus de mal à reprendre son souffle pour l’instant”

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Le CEO du Radisson Hotel Group, Federico Gonzales, reconnaît que l’activité peine à reprendre dans les enseignes européennes de son groupe. Il souligne également les efforts réalisés pour attirer la clientèle asiatique au Radisson Collection, inauguré ce lundi à Bruxelles.

Le CEO du Radisson Hotel Group, Federico Gonzales, reconnaît que l’activité peine à reprendre dans les enseignes européennes de son groupe. Il souligne également les efforts réalisés pour attirer la clientèle asiatique au Radisson Collection, inauguré ce lundi à Bruxelles.

Federico Gonzales, le grand patron du Radisson Hotel Group, qui pilote aujourd’hui un portefeuille de plus de 1.100 hôtels à travers le monde, sera à Bruxelles pour la réouverture après transformations de l’ancien Radisson Blu sis rue Fossé-aux-Loups et rebaptisé Radisson Collection. En pleine crise sanitaire, il précise sa stratégie, maintenant que le groupe est passé sous bannière chinoise.

Vous connaissez bien ce déjà vieux fleuron de l’hôtellerie bruxelloise…

Très bien. J’ai travaillé à Bruxelles au début des années nonante. Le Radisson SAS, ouvert en 1989, y était alors un des hauts lieux de rendez-vous privés et d’affaires. Le midi, ça grouillait de gens dans l’atrium.

Cela fait plusieurs années que vous y portiez un projet de rénovation?

Oui. On a travaillé durant deux années à trouver le bon moment, la bonne équipe et le bon design. Puis on a opté pour l’architecte espagnol Rafael de la Hoz et une transformation surtout focalisée sur l’atrium et sa visibilité depuis la rue, en rendant la façade plus transparente, dans l’esprit d’ouverture de notre nouvelle enseigne Radisson Collection dont il est un des premiers fers de lance. Aujourd’hui, il n’y a plus cette opacité qui coupait l’intérieur de l’extérieur. On a aussi rénové la totalité des 282 chambres, plus profondément celles qui n’avaient pas été rénovées ces dix dernières années (2012 et 2015).

À quel point la crise sanitaire a-t-elle perturbé vos plans?

On a commencé les travaux il y a plus d’un an. On a transformé le lobby en fin d’année. Mais on n’a quasi jamais fermé complètement, sauf durant le lockdown. On n’a pas perdu trop de temps malgré les problèmes logistiques liés au confinement. Restent bien sûr les lourdes conséquences à court et moyen termes sur le secteur hôtelier.

Tout notre secteur a vécu un trimestre catastrophique, partout dans le monde, avec une chute du chiffre d’affaires de 90% au moins. Mais aujourd’hui, l’activité a déjà repris en ordre dispersé: en Chine, on est déjà revenu à 90% de l’activité normale. Aux États-Unis, cela redémarre également, avec 50 à 60% d’une activité d’avant la crise sanitaire, principalement dans les villes moyennes.

C’est l’Europe qui a le plus de mal à reprendre son souffle pour l’instant, malheureusement. Mais nous en sommes bien conscients. Et notre plan de relance pour Bruxelles tient compte de son positionnement hôtelier très international et d’affaires, avec les sommets, les congrès ou les foires, qui constituent l’essentiel de la demande. On espérait une reprise à l’automne. Mais avec l’incertitude qui plane toujours sur le secteur des voyages et des événements, c’est déjà retardé. L’investissement de quelque 15 millions que nous avons consenti ici est prévu pour les 20 prochaines années, on espère.

Notre hôtel bruxellois est le premier qui a été repensé dans un esprit de co-branding avec Jin Jiang, notre nouveau partenaire chinois et principal actionnaire depuis 2019.

 

Vous avez adapté votre vingtaine de salles de réunion avec un système hybride permettant de mêler rencontres en présentiel et vidéo-conférences. Vous avez eu le nez fin…

C’est une solution qui était dans l’air du temps. On a donc renforcé le système prévu pour offrir aux entreprises un service dernier cri qui répond à la conjoncture actuelle et qui permet de se connecter sur la télévision des chambres. Nous avons d’ailleurs déjà des réservations qui découlent de cette nouvelle offre performante et très conviviale.

Vous comptez également beaucoup sur un nouveau positionnement tourné vers le marché chinois…

Notre hôtel bruxellois est le premier qui a été repensé dans un esprit de co-branding avec Jin Jiang, notre nouveau partenaire chinois et principal actionnaire depuis 2019*. Ce groupe est le deuxième au niveau mondial, le premier en Asie. Il y a une expertise et un réseau uniques. On va donc valoriser ce partenariat et en profiter pour diversifier notre clientèle dès la réouverture.

À cet effet, tout le sixième étage de l’hôtel a été décoré spécialement pour accueillir cette clientèle asiatique. On a aussi ouvert un nouveau restaurant chinois, le Shanghai Kitchen, en façade de l’hôtel. Et le personnel sera lui aussi préparé à un accueil personnalisé. C’est, je pense, un véritable atout pour nous et pour Bruxelles, par les temps qui courent.

* En février 2019, un consortium dirigé par Jin Jiang International Holdings Co. Ltd. a finalisé l’acquisition des actions de Radisson Hospitallity AB.

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