Belgique | « Factchekers » révèle que la propreté dans les chambres de grandes chaînes d’hôtels ne répond pas aux attentes

Les deux animateurs de l’émission "Factchekers", sur la Eén (VRT), Britt Van Marsenille et Thomas Vanderveken ont vérifié la propreté de six chambres dans six grandes chaînes d'hôtels. Pour ce faire, ils ont réservé la même chambre sous un nom différent deux jours de suite. "Aucune chambre d’hôtel ne répondait à ce que vous pouviez attendre en tant que client en terme de propreté. Par exemple, dans une seule chambre, les draps avaient été changés, dans la plupart des chambres, les toilettes n'avaient pas été nettoyées et dans une chambre, les serviettes usagées avaient même été repliées comme si elles étaient neuves.

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Les deux reporters avaient réservé 6 chambres dans 6 grandes chaînes hôtelières de notre pays. C’était tous des hôtels trois ou quatre étoiles. Dans chaque chambre, ils ont laissé des marques invisibles à l’œil nu avec un marqueur UV, uniquement visibles sous une lumière ultraviolette. Même avec un nettoyage rapide très superficiel, ces marques disparaissent, même sur des draps avec très peu de détergent.

Un reportage à voir selon Rudy de Wit, Directeur de deux hôtels à Gand

Rudy De Wit va demander à tout le personnel travaillant dans ses hôtels à Gand de visionner le premier numéro de l’émission « Factcheckers » de la VRT. Ce reportage montre que les chambres d’hôtel ne sont pas assez nettoyées. « Dans mes propres hôtels, ce problème ne se pose pas », affirme De Wit. « Mais il est important de rester vigilant ». Selon Rudy De Wit, toute personne travaillant dans le secteur hôtelier doit rester très vigilante.

Selon De Wit, ce sont surtout les grandes chaînes qui ne prennent pas le nettoyage des chambres trop au sérieux. « Faire nettoyer une chambre peut coûter environ 35 euros à un hôtelier. Si vous voyez ensuite que certaines chaînes demandent à peine 60 euros pour une nuit, je me pose des questions. » La pression de travail est également trop élevée pour le personnel de nettoyage, selon De Wit. « J’entends parfois dire que l’on ne dispose que de 15 minutes pour nettoyer une chambre. Alors c’est certain qu’ils ne peuvent pas la nettoyer à fond. »

« Il faut davantage de contrôles aéatoires »

Rudy De Wit est également président de l’association des hôteliers gantois. « Je plaide pour des contrôles encore plus aléatoires et anonymes. Aucun hôtel ne devrait avoir de problème avec des clients mystères testant anonymement les normes de qualité.

Les draps avaient été un peu chiffonnés, tout comme les serviettes, de sorte que tout avait clairement l’air utilisé (et devait donc être remplacé ou nettoyé). Dans l’une des pièces, ils ont même caché un trognon de pomme sous l’armoire. Puis, la nuit suivante, ils ont réservé la même chambre sous un autre nom et ont vérifié si elle avait été bien nettoyée.

Aucun hôtel parfaitement en ordre

Au premier coup d’œil, toutes les chambres semblaient être en ordre et bien rangées, mais un contrôle approfondi à la lampe à rayons ultraviolets a révélé des choses moins reluisantes. Par exemple, les télécommandes, les interrupteurs et les poignées des portes d’aucun des hôtels n’avaient été nettoyés.

Et il y a pire : dans quatre des six chambres d’hôtel inspectées, la lunette des toilettes n’avait pas été nettoyée, alors que les marques pouvaient être enlevées d’un simple coup de torchon, même avec un morceau de papier toilette sec.

Dans deux hôtels, les deux reporters ont même retrouvé un gobelet à café usagé. Dans l’un des hôtels, les serviettes du client précédent n’avaient pas été remplacées, mais simplement pliées et placées dans la salle de bain comme si elles étaient neuves.

Un seul hôtel avait remplacé entièrement les draps. Dans cinq des six hôtels, les draps avaient simplement été lissés, et la marque faite au marqueur UV était toujours bien visible.

« Nous sommes nous-mêmes stupéfaits par les résultats. Aucun hôtel ne répond à ce que nous attendions d’une chambre propre en tant que client », déclare Thomas Vanderveken.

« Ce que nous ne voulions pas faire, c’était pointer du doigt l’équipe de nettoyage », soulignent les reporters. « Ils sont probablement soumis à une énorme pression pour terminer les pièces le plus rapidement possible. »

« Chaque chambre d’hôtel qui n’est pas en ordre est une chambre de trop »

Dans un communiqué de presse, l’organisation sectorielle Horeca Vlaanderen regrette ce que les réalisateurs de l’émission « Factcheckers » ont découvert dans les chambres d’hôtel visitées. « Chaque chambre qui s’avère ne pas être en ordre, est une pièce de trop. Nous sommes formels à ce sujet, car chaque client mérite un séjour parfait », a déclaré Matthias De Caluwe de Horeca Vlaanderen.

Mathias De Caluwe souligne que l’on ne peut pas tirer de grandes conclusions de ce reportage sur la base de ce petit échantillon. « Il y a 32 500 chambres d’hôtel en Flandre. On ne peut pas généraliser sur la base d’un contrôle effectué sur six d’entre elles », a-t-il déclaré. « Espérons que les responsables du programme partageront leurs données avec les hôtels concernés. Ainsi, ceux-ci pourront demander des comptes à leurs employés ou aux prestataires de services externes. »

De son côté, Toerisme Vlaanderen indique avoir reçu très peu de plaintes concernant la propreté des hôtels. « L’année dernière, il n’y en a eu qu’une poignée », rapporte Peter De Wilde de l’Office de Tourisme de la Flandre. (…) Lire la suite sur VRT NWS

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