Québec, Canada | Les hôteliers au pied du mur

L’industrie hôtelière de la région réclame de l’aide financière d’urgence, alors que l’annonce de la zone rouge déclarée dans les régions de la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches sonne le glas de ce qu’il restait de la saison touristique.

32

La fermeture des salles à manger et des bars, en plus de la recommandation d’éviter autant que possible les voyages interrégionaux, fait très mal à l’industrie, rapportent les acteurs de l’industrie hôtelière, interrogés par Le Journal.

Aide d’urgence

Les hôteliers réclament ainsi des « subventions concrètes » pour passer à travers la crise.

« Nous ne sommes plus au pied du mur, mais bien dans le sous-sol », indique Marjolaine de Sa, directrice générale de l’Association hôtelière de la région de Québec, précisant que certains propriétaires seront contraints de fermer temporairement ou définitivement à compter de novembre.

Mme de Sa affirme par ailleurs que d’ici novembre, près de 4000 personnes auront perdu leur emploi dans le domaine hôtelier depuis le début de la pandémie.

« C’est la faute de personne ce qui arrive, mais il faut qu’on trouve des solutions, parce qu’aujourd’hui, on nous prive de revenus, mais on nous oblige à faire face à nos obligations financières et fiscales », affirme Erwan Franchet, directeur général de l’Hôtel Priori.

L’Action de grâce à l’eau

Dans les dernières heures, les hôteliers ont vu leurs réservations s’envoler en fumée. La fin de semaine de l’Action de grâce est déjà « à oublier », nous dit-on.

« Nous n’avons que des annulations depuis ce matin au téléphone. Nous étions pratiquement complets pour le week-end de l’Action de grâce [73 chambres] et il ne nous reste que dix réservations, mais je m’attends à ce que tout le monde annule », déplore Agnès Marsouin, directrice de l’hôtel Port-Royal.

Injustice

Des hôteliers affirment par ailleurs se sentir « oubliés » par le gouvernement, en plus de ressentir une « injustice » envers le secteur de la restauration.

« La voix des hôteliers est un peu éteinte parce qu’on ne connaît pas le visage des propriétaires, comme c’est le cas pour un restaurant. Mais derrière toutes les portes d’hôtels, il y a des familles et des propriétaires de Québec », indique Chantal Nadeau, directrice générale de l’hôtel Holiday Inn et de l’hôtel Sépia.

Au cabinet de la ministre du Tourisme, Caroline Proulx, on affirme être « très sensible aux difficultés rencontrées par les hôteliers ».

Publicité 3