Projet hôtelier | Metz : Lafayette, le voilà !

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Le projet de création d’un hôtel dans les bâtiments municipaux de la place de la Comédie voisinant l’Opéra-Théâtre de Metz avait fait grand bruit politique et de principe il y a trois ans. Il semble néanmoins avoir fini par faire son chemin avec pour modification essentielle, le fait que les bâtiments ne seront pas vendus au promoteur du projet mais mis à disposition par un bail emphytéotique de 75 ans. Dépôt du permis en octobre et début des travaux à l’été 2021. Ouverture envisagée en 2023. 

Une vue à couper le souffle sur le velum de la ville, le bras de Moselle et la Cathédrale. La légitimité de bâtiments qui ont un style et une histoire. L’ambition de faire rayonner une image de Metz… Le futur hôtel de la Comédie (le nom n’est pas encore arrêté) ne manque pas d’arguments mais n’est pas une affaire simple pour autant. Le groupe Heintz qui s’y est attaqué boucle en ce moment les études techniques et poursuit ses travaux de réflexion en matière de thématique et de décoration.

Au millimètre

Pour situer plus précisément le projet on rappellera qu’il concerne les bâtiments qui sont situés à gauche en regardant l’Opéra-Théâtre. Une emprise qui inclut le restaurant Theatris, actuellement locataire de la ville et qui le deviendra, pour 75 ans, de la société exploitant l’hôtel mais dont l’activité restera indépendante. C’est sur le côté gauche du Theatris que se situera donc l’entrée du nouvel hôtel d’une cinquantaine de chambres. « Entre 51 et 54 » précise Christophe Thiriez, co-gérant du groupe Heintz. Des espaces qu’il a fallu calculer et dessiner au millimètre en prenant en compte à la fois les contraintes d’un bâtiment classé et les attentes des futurs utilisateurs. Moulures, plafonds mais aussi présence d’une charpente historique ont nécessité une certaine forme d’ingéniosité en même temps que d’ingénierie… mais c’est fait ! « On boucle les études techniques » ajoute notre interlocuteur.

Le dossier de permis de construire devrait être déposé pour la deuxième semaine d’octobre et un certain nombre de réunions se poursuivent, notamment avec l’architecte des Bâtiments de France. Des questions qui vont du respect d’un plancher à panneaux à celle de la mise en valeur d’un petit escalier XVIIIe découvert dans le grenier. L’esquisse du calendrier des travaux prévoit un démarrage pendant l’été 2021 et une ouverture à priori début 2023.

L’esprit de Lafayette

L’autre grand dossier est à présent celui de la décoration et des thématiques qui seront évoquées à la fois dans et par l’hôtel : un budget qui représente à lui seul 1,5 million d’euros sur les 7 à 8 de l’investissement global. C’est l’architecte Philippe Maidenberg qui est à la manœuvre et travaille sur le thème Lafayette puisque ces lieux sont ceux que fréquentait le jeune Gilbert du Motier, marquis de La Fayette lorsqu’il décida, après le « souper de Metz », de rejoindre les insurgés américains pour mener victorieusement avec eux la guerre d’indépendance.

Les couleurs du drapeau américain, le bois de l’Hermione et l’esprit du voyage… autant d’éléments qui composeront notamment le décor de l’accueil et du bar salle des petits-déjeuners juste à côté.

On sait d’où on vient

Restent les vents contraires du coronavirus. Pas de quoi faire reculer André Heintz et Christophe Thiriet même si, dans le cas de l’hôtel de la Comédie, ils ne seront pas propriétaires à terme des bâtiments. « Chaque fois que j’y suis, je suis émerveillé par le décor qui s’offre à la vue », confie Christophe Thiriet.
« La crise liée à la Covid complique certes la situation de manière ponctuelle et globale à la fois mais nous permet aussi de nous remettre en cause. Et puis, nous savons d’où nous venons, nous avons nos racines ici et croyons à la nécessité de conforter le rayonnement de la ville ». Paradoxalement, c’est « parfois moins facile de monter une opération quand on est local » ironise un moment notre interlocuteur mais « la volonté de faire bien pour le client est toujours récompensée et nous offrirons des caractéristiques aussi séduisantes pour le tourisme que pour les affaires. Le voyage a toujours existé depuis la nuit des temps et dans la mythologie. Les crises aussi. Les gens recommenceront à bouger, à s’arrêter et à regarder. »

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