Maroc |Sevrée de touristes, Marrakech a le blues

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Le Covid-19 a mis à genoux ce joyau du patrimoine marocain que sa place Jemaa el-Fna et sa médina ont rendu célèbre à travers le monde.

C’est une crise sans précédent que vit la ville ocre orpheline de ses millions de touristes bloqués dans leurs pays respectifs par la crise sanitaire du Covid-19. Joyau du patrimoine marocain avec sa médina classée par l’Unesco, Marrakech est tout simplement en train « d’étouffer », pour reprendre l’expression utilisée par les voix de plus en plus nombreuses qui s’élèvent contre les mesures gouvernementales anti-Covid-19. Grouillante avant que la crise sanitaire ne se déclenche en mars dernier, Marrakech a perdu ses foules de visiteurs qui faisaient le bonheur des hôtels, des restaurants et des échoppes de produits artisanaux. « Avant, il fallait attendre son tour pour avoir une table », peste Bachir, serveur, en montrant la grande terrasse de café déserte où il s’active depuis vingt ans, au cœur de la célèbre place Jemaa el-Fna, le symbole de Marrakech. La situation n’est guère meilleure pour son voisin Mohamed Bassir : « C’est la première fois que je vois Jemaa el-Fna aussi vide, cela me rend triste », murmure ce marchand de jus d’orange posté derrière sa roulotte décorée de fruits en plastique. Cette célèbre place datant du XIe siècle est donc désertée par les charmeurs de serpents, les musiciens de rue, les marchands de souvenirs et les diseuses de bonne aventure. Quant aux taxis et aux calèches, ils tournent à vide ajoutant à l’angoisse des Marrakchi qui constatent l’atmosphère inhabituellement calme des ruelles labyrinthiques de la médina voisine qu’encadrent des souks colorés proposant habituellement babouches, des joailleries ou des boutiques d’épices dont les rideaux sont baissés.

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