Jean Moueix, l’héritier affranchi de Petrus

En marge du prestigieux domaine viticole Petrus, Jean Moueix a tracé sa voie dans l'hôtellerie, les spiritueux et l'eau minérale.

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Il a dévoré l’œuvre de Romain Gary. S’est retrouvé dans Chemins de traverse d’Emmanuel Faber, le livre engagé du patron de Danone, et dans les paris les plus fous d’Elon Musk. « Je crois dans l’idée que l’on peut tracer sa voie », pose Jean Moueix. Peut-être parce que la sienne semblait déjà balisée à 23 ans. Que souhaiter de plus que Petrus en héritage, ce vignoble légendaire de 11,5 hectares valorisé 1 milliard d’euros qu’il partage avec son père, ses sœurs et le milliardaire colombien Alejandro Santo Domingo? ou que ces bureaux parisiens avec vue plongeante sur l’Arc de Triomphe?

Des débuts loin du sérail vinicole

Appartenir à l’une des dynasties bordelaises les plus respectées et discrètes qui soient n’a pas empêché l’héritier de s’en affranchir. « J’assure toujours la direction de notre maison mais j’ai eu envie d’autres aventures qui créent du beau, de l’émotionnel et de l’utile », expose l’entrepreneur au look décalé assumé – gilet blanc boutonné à col châle, cheveux longs et barbe de trappeur canadien.

J’avais soif de lieux avec de bonnes vibrations

Jean Moueix a commencé par s’offrir une parenthèse loin du sérail vinicole. Un cocktail composé d’école de commerce à Paris, de travail dans la finance à New York et dans la grande distribution en Asie. Suivi d’un « grand tour » planétaire version XXIe siècle. « J’avais soif de lieux avec de bonnes vibrations comme l’Australie ou la Russie depuis le Transsibérien, indique-t‑il. Ça m’a permis de me rendre compte que la France est un pays qui brille et qui regorge de talents. »

Investissements dans l’hôtellerie

Ses choix personnels se sont affirmés il y a une dizaine d’années. Baptisé Imagine, en hommage à la chanson de John Lennon, son holding réunit trois métiers. Mêlant l’hôtellerie, les spiritueux et une source d’eau minérale, ils agrègent déjà un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros. À chacun son couloir de nage. Dans l’hospitalité, Moueix a commencé par bâtir une position dans une trentaine d’affaires de restauration parisienne (dont Castel, Le  Café de l’Homme, Pergo, L’Écluse…)

Son arrivée dans l’hôtellerie est le fruit d’une rencontre avec les trois fondateurs de l’Experimental Group. Il investit en minoritaire dans leurs bars à cocktails, restaurants et hôtels avant de prendre 70% du capital l’an dernier. (…) Lire la suite sur Le Journal du Dimanche

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