Archipel de Bréhat. 300 000 € d’amende pour des constructions illégales (famille Baud) sur une petite île bretonne

La justice a dressé une amende de 300 000 € contre une SCI qui prévoyait d’aménager un complexe hôtelier de luxe sur l’archipel de Bréhat dans les Côtes-d’Armor.

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La SCI Béniguet, propriétaire de l’île éponyme de l’archipel de Bréhat (Côtes-d’Armor), site classé depuis 1964, a été condamnée jeudi à Saint-Brieuc à 300 000 € d’amende pour avoir réalisé des travaux sans autorisation afin d’aménager un complexe hôtelier de luxe présenté comme les « Seychelles françaises ».

La gérante Blandine Baud, petite-fille du fondateur des enseignes Franprix et Leader Price, a, elle été condamnée à 30 000 € d’amende dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC).
La SCI et sa gérante, mises en examen en 2014, comparaissaient pour sept infractions commises entre 2009 et 2015, dont l’« exécution de travaux non autorisés par permis de construire » et la « destruction sans autorisation d’un monument naturel ou site classé ».

Un projet de dix villas hauts de gamme

Le projet de « resort » prévoyait l’ouverture en 2014 d’« une dizaine de villas indépendantes réalisées avec des matériaux de la région » pour des séjours haut de gamme avec possibilité de transfert en hélicoptère sur l’île tout en proposant un « isolement complet ».

La SCI, propriétaire depuis 2003 d’une majorité de l’îlot de 32 ha, avait déjà écopé en 2009 d’une amende de 40 000 € pour travaux sans autorisation.

Selon l’enquête, près de six millions d’euros de travaux ont été réalisés depuis la condamnation de 2009, essentiellement du gros oeuvre. Dans ses dépositions, Blandine Baud avait qualifié les travaux « d’aménagements de décoration intérieure » et assuré avoir toutes les autorisations.

« Pas de projet hôtelier », promettent les prévenus

« La peine est lourde pour mettre fin à un procès bien trop long », a considéré Edouard de Lamaze, avocat des prévenus, à l’issue de l’audience. Concernant l’avenir du site, Me de Lamaze a expliqué qu’il n’y avait « pas de projet hôtelier ». « Nous nous sommes engagés à cela, il y a une exploitation en bon père de famille de ces lieux d’exception », a-t-il indiqué.