Etats-Unis | Les chaînes de fast-food profitent de la crise pour chiper les locaux des restos fermés

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Si la crise sanitaire du coronavirus a frappé de plein fouet l’économie mondiale, certains secteurs sont plus touchés que d’autres. Le monde de la restauration, contraint de se mettre à l’arrêt total ou presque pendant plusieurs semaines, en a particulièrement fait les frais. Aujourd’hui, alors que ces mêmes acteurs espéraient un début de retour à la normale après une baisse provisoire du nombre de contaminations, c’est finalement une énième mauvaise nouvelle qui est venue s’ajouter à leur malheur.

Aux États-Unis, plusieurs chaînes de restauration rapide ont profité des difficultés économiques des restaurants indépendants pour s’accaparer leurs locaux, rapporte Business Insider dans une enquête. Et pour cause, des groupes comme Domino’s, Chipotle ou encore Dunkin’ y ont vu une opportunité immobilière unique à ne pas laisser passer, alors que les propriétaires de ces établissements peinent à remonter la tête hors de l’eau. L’article évoque des experts dont le métier est de surveiller la moindre fermeture de restaurants afin d’être le premier sur le rachat, ou bien de contacter des restaurants toujours ouverts pour tenter de les convaincre de vendre, notamment dans les régions et zones géographiques où les chaînes souhaitent se développer.

Cynisme et opportunités commerciales

“Avec des propriétaires de restaurants qui n’ont plus l’influence qu’ils avaient avant la pandémie, les chaînes sont dans une position confortable dès lors qu’il s’agit de négocier les loyers”, appuie le magazine. Plus cynique encore, l’enquête révèle l’existence d’une société, la FAST Acquisition Corp., spécialisée dans l’attribution de “chèques en blanc” dédiés à acheter des locaux pour une activité de restauration ou d’hôtellerie. “Nous pensons qu’il existe une forte opportunité immobilière, avec de nombreux concepts sous-performants, les propriétaires offrant une flexibilité sur les conditions de location. Nous pensons que c’est le meilleur moment pour profiter de ses opportunités”, explique un porte-parole de la société.

Au-delà d’une question purement commerciale, ce mouvement pose question, notamment quant au rôle de l’État dans la sauvegarde et l’aide aux commerces face à la concurrence des grands groupes de restauration rapide. Ce sentiment, de nombreux restaurateurs le partagent, à l’image d’Elliott Nelson, un propriétaire de bar à Tulsa, interrogé par Business Insider“Il va être difficile de trouver l’énergie nécessaire pour continuer et recommencer, dit-il. Comment te sentirais-tu si la chose la plus importante sur laquelle tu aies jamais travaillé était remplacée par un Taco Bell ? On met toute notre âme pour construire quelque chose d’unique, alors le voir devenir homogène, ça brise le cœur.”

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