États-Unis | Faute de bras, les entreprises cajolent les salariés

En plein rebond après la pandémie de Covid, l’économie américaine fait face à une pénurie de main-d’œuvre. Les salaires augmentent, des employeurs payent même pour venir passer des entretiens d’embauche !

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Chicago, USA

Fermeture avancée pour cause de manque de personnel. L’affichette placardée sur un fast-food de Miami est loin d’être une exception aux États-Unis. Partout dans le pays, la main-d’œuvre manque, forçant industries et services à se montrer plus généreux qu’auparavant. Le géant des hypermarchés Walmart vient d’augmenter de 20 % des salaires à l’embauche pour ses nouveaux chauffeurs routiers, certaines chaînes de fast-food recrutent désormais à 20 $ [18,50 €] de l’heure, très au-dessus du minimum fédéral de 7,25 $ [6,70 €].

Ce minimum est devenu hors sujet, explique Glenn Spencer de la Chambre de commerce américaine. Que ce soit les restaurants, Walmart, Amazon… Les employeurs offrent désormais des bonus à la signature, parfois même simplement pour que les gens viennent passer des entretiens. »

D’après la Chambre de commerce, qui représente plus de 300 000 entreprises aux États-Unis, il y a 5 millions d’emplois en plus qu’il n’y a de travailleurs en ce moment . En mars, le taux de chômage était de 3,6 %, soit quelque 6 millions de personnes disponibles pour près de 11,6 millions d’offres d’emploi, selon le ministère du Travail.

L’économie est repartie de plus belle en 2021 avec une croissance de 5,7 % par rapport à 2020, et 2,8 % attendus pour cette année, selon les dernières prévisions de la Réserve fédérale. Le tourisme et l’hôtellerie participent pleinement de cette croissance revenue, mais, c’est également là que le recrutement est le plus difficile.

Dans tout le pays, selon l’Association américaine du voyage, près d’1,5 million d’emplois sont vacants dans ce secteur, des hôtels aux restaurants en passant par les compagnies aériennes. C’est une activité que les travailleurs ont dû quitter avec la pandémie et beaucoup n’ont pas souhaité y revenir pour le moment , détaille Wendy Edelberg, du centre de réflexion Brookings Institution.

Les opportunités mieux payées dans d’autres domaines ainsi que la peur du Covid sont un facteur de désamour pour ces métiers pointe l’économiste qui souligne également le rôle de la pandémie dans la fermeture des frontières. Sans cela, il y aurait certainement eu autour d’un million d’immigrés clandestins en plus dans le pays à l’heure actuelle.

Cette main-d’œuvre illégale en moins, qui compte en moyenne pour 5 % de la force de travail américaine. Mais pas seulement. En 2020, les étrangers représentaient près de 17 % de la main-d’œuvre légale aux États-Unis, selon le Pew Research Center. (…) Lire la suite sur Ouest France

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