« Nous sommes à bout » : l’hôtellerie-restauration réclame un renforcement des aides

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Les nouvelles restrictions annoncées, mercredi soir, par le gouvernement alarment la profession. Elle réclame le maintien des mesures de soutien « dans les mêmes conditions au moins jusqu’en mars 2021 ».

Déjà exsangues après le confinement, les établissements subissent de nouvelles restrictions. Les professionnels craignent la disparition de 15 % des 200 000 cafés et restaurants.

De quelles aides bénéficie le secteur de l’hôtellerie-restauration ?

D’abord du maintien du fonds de solidarité jusqu’à la fin de l’année. Les employeurs de l’hôtellerie-restauration au sens large, c’est-à-dire en incluant les cafés, le tourisme, l’événementiel, le sport et la culture peuvent toujours obtenir une aide mensuelle de 1 500 €.

Ce soutien est destiné aux entreprises jusqu’à vingt salariés et deux millions d’euros de chiffre d’affaires. Les autres secteurs n’y ont plus droit depuis fin mai.

Et en matière de chômage partiel ?

Le salarié touche 84 % de son salaire net. Et les employeurs de l’hôtellerie-restauration (au sens large) se voient rembourser par les pouvoirs publics la totalité de ces 84 %. Cette mesure devait être amendée à partir du 1er octobre. Il était question que les employeurs aient désormais un reste à charge de 15 %. Mais il n’est pas sûr que ce durcissement soit mis en œuvre.

Quant aux autres secteurs, ils ont déjà un reste à charge de 15 % sur la rémunération de leurs salariés depuis juin.

Pourquoi en reparle-t-on ?

Parce que l’hôtellerie-restauration s’inquiète après les nouvelles mesures de restriction annoncées mercredi soir. Les bars et restaurants ferment à partir de samedi dans la métropole d’Aix-Marseille et en Guadeloupe. La municipalité de la cité phocéenne réclame un délai de dix jours avant l’application de cette mesure.

Dans onze autres métropoles, dont Rennes et Paris, les bars devront prochainement fermer à 22 h. Des cafetiers parisiens ont manifesté jeudi pour protester contre cette mesure. Les professionnels marseillais ont prévu d’en faire de même ce vendredi.

La profession craint qu’une partie des établissements, qui ont déjà subi trois mois de fermeture pendant le confinement, ne s’en remettent pas. Nous sommes vraiment à bout,s’alarme Roland Héguy, le président de l’Umih (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie). Cela va déboucher sur une casse sociale sans précédent. L’organisation professionnelle craint la disparition de 15 % des établissements (sur un total de 200 000).

Que demande la profession ?

Nous réclamons le maintien des aides actuelles dans les mêmes conditions jusqu’à la fin de la pandémie et au moins jusqu’au 31 mars 2021,lance Hervé Bécam, le vice-président de l’Umih. Nous demandons aussi la prolongation des exonérations de charges (pour les PME jusqu’à 250 salariés), qui ont pris fin en juin.

L’Umih s’inquiète aussi des conditions de remboursement des prêts garantis. Le gouvernement a négocié avec les banques un taux entre 1 % et 2,5 %, selon la durée. 2,5 % sur cinq ans, c’est trop pour des entreprises en difficulté. Les taux ne doivent pas dépasser le niveau actuel, c’est-à-dire 0,25 % », estime Hervé Bécam.

L’État doit compenser totalement la perte d’exploitation des bars et restaurants », déclare de son côté Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef.

Que répond le gouvernement ?

Un renforcement des dispositifs existants est à l’étude », dit-on au ministère de l’Économie. Une prolongation de la prise en charge à 100 % du chômage partiel, pour les bars et restaurants fermés administrativement à Aix-Marseille, est par exemple en discussion. Les arbitrages devraient être annoncés d’ici ce vendredi soir.

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