mar 28 juin 2022
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Olivier Véran met 15 millions d’euros sur les «hôtels hospitaliers»

Ce dispositif s’adresse à des patients habitant loin d’un hôpital où ils doivent recevoir des soins techniques, mais dont l’état de santé ne justifie qu’ils passent la nuit à l’hôpital.

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Parmi les mesures nouvelles, il en est une qui tient particulièrement à cœur à Olivier Véran: le développement des «hôtels hospitaliers», qui offrent un hébergement temporaire non médicalisé aux patients. Le projet de loi leur consacre un financement de 14,7 millions d’euros sur trois ans, afin de faciliter leur déploiement.

Preuve que le ministre de la Santé a de la suite dans les idées. Car c’est à son initiative – il était alors député PS et rapporteur du PLFSS pour l’Assurance-maladie – que le principe d’une expérimentation sur le sujet a été adopté en 2015. En 2017, 41 établissements ont été sélectionnés pour participer au projet sur trois ans. En 2019, jugeant que le sujet n’avançait pas assez vite, le même Olivier Véran – devenu député LREM et rapporteur général du budget de la Sécu – déposait un amendement au PLFSS 2020 pour lui redonner «un coup de boost». Tenace, Olivier Véran devenu ministre revient à la charge: il en a fait un engagement du «Ségur de la santé» et l’a réintroduit dans le PLFSS 2021.

De quoi s’agit-il? Le principe revient à héberger des patients à l’hôtel ou dans des structures associatives type maison des parents, plutôt qu’à l’hôpital. La nuitée et le petit déjeuner, voire le repas du soir, sont alors pris en charge par la Sécu. Ce dispositif s’adresse à des patients habitant loin d’un hôpital où ils doivent recevoir des soins techniques (pansements, dialyse, séance de radiothérapie, etc.), mais dont l’état de santé ne justifie qu’ils passent la nuit à l’hôpital.

Satisfaction des patients

Actuellement, ces patients n’ont d’autre choix que d’effectuer des heures de transport ou de séjourner à l’hôpital, le tout pour un coût élevé. Une nuit à l’hôpital peut coûter 1 200 euros, même quand une médicalisation n’est pas nécessaire. «L’objectif n’est pas de fermer des lits, cela doit éviter à des patients d’être hospitalisés pour rien, simplement parce qu’ils habitent trop loin de l’hôpital. J’y crois énormément», explique Olivier Véran.

Les hôtels hospitaliers répondent ainsi à une triple ambition: améliorer la qualité des soins, fluidifier les parcours patients et optimiser les organisations hospitalières. Un rapport d’évaluation, remis au Parlement en juin 2020, a démontré l’efficacité du dispositif, tant en termes d’organisation des parcours que de satisfaction des patients qui grimpe jusqu’à 95 %. Mais il reste en deçà des objectifs avec seulement 7 800 séjours en 2018, contre 35.000 prévus. Et cinq établissements représentent à eux seuls 75 % de l’activité: Gustave-Roussy à Villejuif (Val-de-Marne), l’hôpital Foch à Suresnes (Hauts-de-Seine), la Fondation Ildys (Finistère), le centre régional de lutte contre le cancer Léon-Bérard à Lyon, et le CHU de Toulouse.

Le rapport d’évaluation identifie trois principaux freins: le manque de connaissance du dispositif par les équipes médicales et les patients, les délais de mise en place de la chaîne logistique, mais aussi le modèle économique considéré comme faiblement incitatif au déploiement. «Probablement, les administrations et la ministre de l’époque (Marisol Touraine, NDLR) n’y croyaient-elles pas trop parce que l’expérimentation avait été dotée d’un budget de 1 million d’euros pour la France entière, assure l’actuel ministre de la Santé. Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rageCette fois-ci, il y aura beaucoup plus d’argent: jusqu’à 70 euros la prise en charge par nuit.»

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