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Négociations sous tension dans l’hôtellerie-restauration

Syndicats et employeurs se retrouvent jeudi pour des négociations salariales. Subissant une pénurie de main-d’œuvre qui traduit une crise d’attractivité, le patronat est aussi pressé par le gouvernement.

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Les négociations dans l’hôtellerie-restauration vont-elles enfin commencer ? Un mois après une réunion sans réel dialogue, syndicats et patronat du secteur se rencontrent, jeudi 16 décembre, sous le regard scrutateur du gouvernement et du grand public, après que la crise de l’emploi a mis en évidence les conditions de travail du secteur.

Manque de main-d’œuvre et pression politique : enhardies par ce contexte favorable, les organisations syndicales voient là une occasion rare de mettre à jour la convention collective d’un secteur très éclaté, où leur influence est relative. Mais les employeurs du secteur sont peu habitués aux concessions. « Est-ce que j’ai une tête de Père Noël ? », interrogeait Thierry Grégoire, le négociateur de l’Union des métiers et industries de l’hôtellerie (UMIH), lors du congrès de l’organisation patronale, fin novembre, à Strasbourg.

Les employeurs y ont disserté sur la panne d’attractivité de l’hôtellerie-restauration et ses conséquences sur l’activité : étages d’hôtels fermés faute de personnel de ménage, service unique dans les restaurants privés de cuisiniers ou de serveurs. Pas moins de 237 000 salariés ont quitté le métier durant la pandémie, et 30 % des postes sont non pourvus, selon l’UMIH.

Ils ont aussi pu évaluer l’impatience du gouvernement à leur égard. Après avoir déversé des milliards d’euros sur une industrie contrainte à la fermeture, puis consenti à la défiscalisation des pourboires et annoncé une campagne de communication de 10 millions d’euros pour aider à recruter, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a d’entrée mis les professionnels devant leurs responsabilités : « Je souhaite que les négociations salariales permettant une augmentation substantielle (…) puissent être conclues avant la fin de l’année 2021 ; en tout cas c’est l’espoir que je mets dans vos négociations. » Le parterre est resté silencieux. Dans un message vidéo, Elisabeth Borne, ministre du travail, a apporté l’addition : « Votre secteur doit répondre à un enjeu d’attractivité. (…) Je suivrai de près les résultats de cette négociation qui, je l’espère, aboutira à un compromis ambitieux. Au-delà de la rémunération, les négociations de branche doivent prendre en compte la qualité de l’emploi. »

Les syndicats « comptent sur l’œil du ministère »

En septembre, la ministre avait convoqué les employeurs afin de préparer le terrain, offrant « un point de vue assez musclé et positif pour nous », selon Arnaud Chemain, le négociateur de la CGT : « On espère pouvoir compter sur l’œil du ministère, qui a donné ses exigences : on aimerait que les employeurs les écoutent, s’ils n’entendent pas les nôtres. » Depuis, le contexte sanitaire et économique a changé, la reprise est de nouveau incertaine, et si des discussions ont lieu actuellement entre les employeurs et le gouvernement, il est davantage question d’un retour des aides que d’une généreuse augmentation des salaires. (…) Lire la suite sur Le Monde (réservé abonnés)

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