mar 4 octobre 2022
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Location saisonnière de luxe : la pandémie, une bonne affaire

Max Aniort, 36 ans, préside Le Collectionist, une place de marché qu'il a cofondée en 2014. Elle organise la relation entre les propriétaires de demeures haut de gamme et des locataires. Non seulement elle n'a pas souffert de la pandémie mais en aurait presque profité avec l'évolution de la clientèle. Elle vise multiplier par 5 son volume d'affaires d'ici 2025. Interview.

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Comment votre modèle, basé sur le tourisme et la saisonnalité, a-t-il résisté à la pandémie ?

Max Aniort : Quand est arrivé le premier confinement de 2020, je ne vous cache pas que nous avons eu des doutes quant à la pérennité de l’entreprise. Mais dès avril la reprise d’activité a été très forte, notamment de la part de Français pour la France. On a atteint 50 % sur le total contre 25 % d’ordinaire. Pour les clients, louer une maison était une façon de se retrouver entre soi, de limiter le brassage et les risques de contamination. Finalement on a fait +25 % en volume d’affaire en 2020 !

Max Aniort @ credit linkedin
Cela s’est poursuivi en 2021 ?

Absolument. On a multiplié par 2,5 notre volume d’affaires à 70 millions d’euros et par 3,5 notre chiffre d’affaires à 16 millions d’euros grâce à la croissance organique et au rachat du leader suisse de la location de chalets de luxe Bramble Ski. Nous sommes profitables et en avance sur notre objectif de 100 millions d’euros de volume d’affaire en fin d’année 2022. Janvier 2022 a été un mois incroyable en termes de réservations ainsi que février. Et cela continue. Finalement, 2021 a été une année tremplin.

Pas d’effet « Ukraine » ?

Si, mais finalement assez court. Cela a effrayé la clientèle internationale, celle d’Amérique du Nord et du Moyen-Orient, mais cela repart déjà.

Les modes de consommation ont-ils évolué avec la pandémie ?

Globalement, les clients partent plus longtemps, moins loin et plus pendant la moyenne saison. La confiance est revenue. En fait, on a tous appris à vivre avec le virus et les protocoles sanitaires mis en place pour les locations demeurent encore largement pratiquées, certaines habitudes ont été prises. Et pendant la Covid, les gens ont loué plus de maisons. Ceux qui privilégiaient l’hôtel ont redécouvert cette solution, ont compris après ces périodes d’isolement et de distanciation, que c’était aussi une bonne façon de se regrouper en famille, à plusieurs familles, entre amis…

Quels sont la durée et le coût d’un séjour ?

C’est bien sûr extrêmement variable. Nous avons ainsi un chalet à Verbier proposé à 500 000 la semaine… Mais la durée moyenne est de 10 jours pour un coût de 28 000 euros. Ce qu’il faut comparer avec d’autres solutions c’est plutôt le coût hebdomadaire par personne.

Quelles sont les destinations les plus demandées ?

En hiver les Alpes, suisses et françaises. L’été la Côte d’Azur, la Provence, le Cap Ferret, le sud-ouest avec Biarritz… Nous avons aujourd’hui environ 2000 offres sur notre marketplace, un catalogue vivant, qui respire, avec plusieurs centaines d’entrées et de sorties chaque année. L’idée n’est pas de le faire gonfler mais de travailler la qualité plus que la quantité, de proposer une conciergerie haut de gamme.

Une des forces du modèle, c’est justement la conciergerie… Que propose Le Collectionist ?

Pour commencer, bien sûr les basiques, les plus demandés : la voiture de location livrée à domicile, le baby-sitting, le chef cuisinier, les cours de yoga, le bateau l’été et les cours de ski l’hiver… Mais on a aussi organisé des balades en traîneau à chien, des initiations aux cocktails avec des bars tenders réputés, des photos de groupes par un professionnel… En fait, le plus important c’est la relation créée et la définition des vrais besoins.

Quels sont vos objectifs à plus long terme ? (…) Lire la suite sur Les Echos
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