Chine | L’indignation enfle autour de la construction d’un hôtel de luxe sur les ruines d’une mosquée ouïghoure

La construction prochaine d’un hôtel appartenant au groupe Hilton a suscité la colère de plusieurs associations musulmanes américaines. Le site du futur édifice est installé sur les vestiges de la mosquée Duling, à Hotan, située dans la province du Xinjiang, et comptant parmi les milliers de lieux cultes rasés ces dernières années par le gouvernement chinois. L’endroit a été vendu à un promoteur chinois qui prévoit d’utiliser le terrain à des fins diverses dont la construction d’un nouvel hôtel pour le compte du fameux groupe hôtelier américain.

19
Ce nouvel édifice ne sera pas le premier du genre dans la région. Un hôtel Hampton by Hilton est déjà implanté près de l’aéroport international d’Urumqi, situé à plus de 1000 kilomètres de l’ancien mosquée. A Guljla, autre ville de la province du Xinjiang, un autre lieu de culte a été transformé en un hôtel touristique par un homme d’affaire chinois.

Des entreprises complices d’un ethnocide

Ce projet a été pointé du doigt par plusieurs organisations musulmanes américaines dont le Conseil des relations américano-islamiques (CAIR). « Si la société Hilton poursuit la construction d’un hôtel Hampton sur le site d’une mosquée démolie, elle aidera le gouvernement chinois dans sa campagne d’ethnocide sur la communauté ouïghoure. Contribuer à cette ethnocide, c’est contribuer à leur génocide », faisait part l’organisation dans un communiqué paru mi-juin.

« Hilton a une occasion unique de prendre une position claire contre les violations structurelles des droits de l’Homme et l’islamophobie en Chine et de montrer l’exemple à d’autres grandes entreprises », a déclaré Edward Ahmed Mitchell, directeur adjoint du CAIR. En ignorant les exactions du pouvoir chinois et en continuant à ouvrer dans la région, « les entreprises américaines indiqueraient clairement qu’elles ne soutiennent pas les droits humains internationaux », a-t-il ajouté.

Pourtant, l’administration américaine avait, en janvier 2021, qualifié le traitement de la minorité ouighoure et d’autres populations turco-musulmanes par le régime chinois de « génocide ». Niant en bloc les accusations dont elle fait l’objet, la Chine avait en retour rétorqué que ces déclarations sont des « mensonges absurdes et éhontés ». (…) Lire la suite sur Saphir News