Biarritz, aux marges du Palais

La station balnéaire, dont le mythique palace est de retour, reprend son volume, sa conversation. Elle comprend à cet égard qu'elle a bien changé ces dernières années, avec une nouvelle génération fraîche, complice…

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C’est tellement rare. Un chauffeur de taxi content : « Ah, ça fait plaisir de se voir demander l’Hôtel du Palais ! » Un an et demi que l’on ne le lui proposait plus. Entre-temps, 70 000 ardoises sont tombées dessus, des vraies ; les 142 chambres ont été reprises du sol au plafond, 15 639 litres de peinture ont été appliqués sur les façades. Ils étaient des dizaines d’ouvriers à remplacer les larges baies vitrées du restaurant gastronomique, à décrocher lentement le lustre de 410 kilos du bar Napoléon III. Le voilà au taquet. En ces premiers beaux jours, des journalistes traînent leurs interrogations en chaussons. La mer rage d’impatience. Elle réclame un peu d’attention. Elle écume pour Instagram et déjà, sur les réseaux sociaux, les râleurs viennent mordre les mollets du directeur général, Alessandro Cresta. Celui-ci a préféré se lancer à l’eau dès fin mars, se risquer dans des repas gastronomiques proposés à la chambre, quitte à se manger quelques embruns de la part des vieux habitués.

À votre arrivée, le groom à l’uniforme flambant neuf ne vous prend pas la valise. C’est plus subtil. Il vous demande si vous avez besoin d’une « assistance technique ». Pourtant, l’Hôtel du Palais est comme neuf, repulpé. Il est dans la candeur des habits portés les premiers jours. Alessandro Cresta est intarissable sur les bienfaits de l’entrée du groupe Hyatt, et attend de pied ferme les Biarrots, non seulement lors des Journées du patrimoine mais aussi pour un café proposé à 5,50 euros.

Esprit frondeur et voyageur

L’Hôtel du Palais remet Biarritz à l’endroit et notre chauffeur en conversation. C’était tout de même bizarre cette joyeuseté, cette voix chantonnante. Il devait bien y avoir une petite escarbille. Elle vint au deuxième feu rouge. Il fallut quelques phrases pour qu’il précise en deux syllabes l’objet d’une lancinante contrariété. « Les bobos. » Aïe. « Qu’est-ce que je leur reproche ? Leur entre-soi. » Je l’aurai bien pris sous mon aile, glissé des claquettes et ébouriffé son crâne à ce gentil monsieur. (…) Lire la suite sur Les Echos, Série Limitée