USA | La maladie du légionnaire, nouvelle crainte des hôtels américains avant la réouverture

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Michael Hurtado a passé l’année à tirer des chasses d’eau. Toutes les semaines, des centaines de toilettes, des milliers de fois. «Chaque semaine, on passe dans toute la propriété et on tire les chasses d’eau de toutes les toilettes, on allume chaque robinet et chaque douche. On commence à l’extrémité de chaque étage et le temps qu’on revienne, on peut les éteindre», explique-t-il à USA Today. Cet ingénieur en chef à l’hôtel Ahern, près de Las Vegas, a été chargé d’entretenir les systèmes du bâtiment, pendant la fermeture de l’établissement liée à la pandémie. «Mon équipe y consacre facilement soixante heures par semaine, chaque semaine.»

L’objectif? Ne pas laisser l’eau stagner et protéger les bâtiments fermés des bactéries qui peuvent s’accumuler dans les kilomètres de tuyaux. L’une des bactéries les plus inquiétantes est la Legionella pneumophila, qui cause 95% des cas de maladie du légionnaire, ou légionellose, très rare mais potentiellement mortelle. Cette bactérie tue au moins 1.000 Américains par an, d’après le Centers for Disease Control and Prevention, qui a créé un guide à l’intention des établissements fermés pendant le confinement.

Possible résurgence des cas de légionellose

«Il est presque certain que nous risquons d’avoir davantage de cas de légionellose après le confinement», assure Michele Swanson, professeure de microbiologie à l’université du Michigan et membre de la National Academies of Sciences, qui a publié un rapport sur la Legionella en 2020. La bactérie est naturellement présente dans les étangs et les rivières, mais dès lors qu’elle se retrouve dans l’eau stagnante, tiède et non-chlorée, elle se multiplie est devient un vrai danger.

Ce sont exactement les conditions qui peuvent se produire dans la tuyauterie d’un bâtiment fermé au public. L’eau chaude refroidit à des températures propices à la prolifération de la Legionella. Le chlore du système de traitement des eaux ne résiste pas longtemps dans l’eau stagnante, précise Chris Nancrede, responsable d’une entreprise spécialisée dans le contrôle de la Legionella. «Sans nouvelle arrivée d’eau circulant dans le système d’eau chaude pour évacuer l’ancienne, la bactérie peut rapidement se développer.»

Les entreprises de gestion de l’eau affirment recevoir deux à trois fois plus d’appels que d’habitude maintenant que les hôtels, bâtiments d’entreprises, établissements de santé ou salles de sports se préparent à rouvrir. (…) Lire la suite sur Slate.fr