⚖️ | Michel Ohayon : le rejet du plan de la FIB accélère-t-il la mise sur le marché de trois joyaux de l’hôtellerie française ?

Plus qu'un revers judiciaire pour Michel Ohayon, le rejet du plan de redressement de la Financière immobilière bordelaise (FIB) pourrait constituer un tournant pour le marché hôtelier français. Au cœur du dossier figurent trois établissements parmi les plus emblématiques du secteur - l'InterContinental Bordeaux - Le Grand Hôtel, le Waldorf Astoria Versailles - Trianon Palace et le Sheraton Paris Charles de Gaulle Airport Hotel - dont la valeur cumulée est estimée à plus de 500 millions d'euros. La question qui se pose désormais n'est plus seulement celle de leur valorisation, mais celle de leur avenir.

Perspectives

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Pendant plus de trois ans, la Financière immobilière bordelaise a tenté de convaincre ses créanciers qu’une restructuration financière demeurait possible. Placée en redressement judiciaire en février 2023, la holding fondée par Michel Ohayon fait face à un passif particulièrement conséquent, dont le montant déclaré s’établit, selon les différentes évaluations produites dans le cadre de la procédure, entre 1,4 et 1,7 milliard d’euros.

La décision rendue dans le cadre de cette longue procédure ne signifie pas pour autant la disparition de la FIB. Elle marque toutefois une évolution importante dans l’approche retenue par les juridictions commerciales : démontrer la valeur théorique d’un patrimoine ne suffit plus lorsque celui-ci constitue la pierre angulaire d’un plan de redressement. Encore faut-il pouvoir démontrer sa capacité à générer rapidement des liquidités au bénéfice des créanciers.

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Cette nuance juridique pourrait bien constituer le véritable enseignement de cette affaire.

Trois actifs rares sur le marché hôtelier européen

Au-delà des chiffres, c’est la qualité exceptionnelle des actifs concernés qui attire aujourd’hui l’attention des professionnels de l’investissement hôtelier.

À Bordeaux, l’InterContinental Bordeaux – Le Grand Hôtel demeure l’une des signatures les plus prestigieuses du marché hôtelier régional. Son emplacement face au Grand Théâtre, conjugué à la puissance internationale de la marque InterContinental, en fait un actif particulièrement recherché dans l’univers des « trophy assets ».

Le Waldorf Astoria Versailles – Trianon Palace bénéficie quant à lui d’un positionnement pratiquement unique sur le marché français. Son ancrage historique, son environnement immédiat et la clientèle internationale attirée par Versailles contribuent à sa forte désirabilité auprès des investisseurs spécialisés dans l’hôtellerie de luxe.

Enfin, le Sheraton Paris Charles de Gaulle Airport Hotel présente un profil sensiblement différent mais tout aussi stratégique. Son intégration au Terminal 2 du premier aéroport français constitue un avantage concurrentiel rare dans l’univers des actifs hôteliers européens.

Pris isolément, chacun de ces établissements constituerait déjà une transaction significative. Réunis au sein d’un même portefeuille, ils représentent une opportunité peu fréquente pour le marché.

Une décision de justice qui change l’équation financière

Le rejet du plan présenté par la FIB ne condamne pas mécaniquement la société à céder ses actifs hôteliers. Il modifie en revanche substantiellement les termes du débat.

Les juridictions ont notamment considéré que plusieurs hypothèses structurantes du plan ne présentaient pas un degré suffisant de certitude au regard des exigences imposées en matière de procédures collectives. La problématique n’est donc plus seulement celle du patrimoine détenu, mais également celle du calendrier et des modalités de sa mobilisation éventuelle.

Dit autrement, les créanciers attendent désormais des certitudes davantage que des perspectives.

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Cette exigence pourrait mécaniquement renforcer le poids des actifs les plus liquides et les plus valorisés dans les discussions à venir.

Or, les trois établissements hôteliers constituent précisément les actifs les plus visibles du portefeuille du groupe.

Qui pourrait être intéressé ?

L’intérêt de ce dossier dépasse largement le seul marché français.

Les investisseurs internationaux continuent d’afficher un fort appétit pour les actifs hôteliers européens bénéficiant d’emplacements premium et d’enseignes internationales reconnues. Family offices, fonds souverains, investisseurs institutionnels et plateformes spécialisées dans l’hôtellerie de luxe figurent parmi les profils susceptibles de s’intéresser à ce type d’opérations.

Le Grand Hôtel de Bordeaux pourrait notamment intéresser des investisseurs déjà présents sur les segments « lifestyle » et luxe. Le Trianon Palace répond davantage aux stratégies patrimoniales privilégiant les actifs iconiques. Quant au Sheraton Paris-CDG, il pourrait séduire des acteurs spécialisés dans l’hôtellerie aéroportuaire internationale.

Si aucune opération n’est officiellement annoncée à ce stade, l’hypothèse d’une ou plusieurs cessions apparaît aujourd’hui plus crédible qu’elle ne l’était encore il y a quelques mois.

Plus qu’un dossier judiciaire, un signal envoyé au marché

Cette affaire illustre enfin une réalité plus large : les investisseurs accordent désormais autant d’importance à la liquidité potentielle des actifs qu’à leur seule valorisation.

Pour le marché hôtelier français, les prochains mois pourraient donc être particulièrement instructifs. La mise sur le marché éventuelle de trois établissements bénéficiant simultanément des enseignes InterContinental, Waldorf Astoria et Sheraton constituerait l’une des opérations les plus significatives observées ces dernières années.

Plus fondamentalement encore, cette procédure rappelle qu’un actif hôtelier, aussi prestigieux soit-il, n’a pas uniquement une valeur patrimoniale. Il possède également une valeur financière dont l’appréciation dépend désormais de sa capacité à répondre aux exigences des marchés, des investisseurs et, lorsqu’une restructuration s’impose, des juridictions commerciales.

Le véritable enjeu n’est donc peut-être plus de savoir si ces trois établissements constituent des joyaux de l’hôtellerie française. Cela ne fait guère débat.

La question est désormais plus stratégique : la Financière immobilière bordelaise dispose-t-elle encore du temps nécessaire pour convaincre ses créanciers qu’ils peuvent durablement demeurer au sein du groupe ? À défaut, leur cession pourrait rapidement devenir l’un des principaux scénarios de sortie envisageables.

Sources : Tribunal de commerce de Bordeaux (jugement du 17 décembre 2025, procédure n° 2023J00183), Cour de cassation (2 juillet 2025, n° 25-40.011) et informations publiques disponibles relatives à la procédure collective de la Financière immobilière bordelaise.

At a glance 👀

Bordeaux’s Court of Appeal has rejected the restructuring plan submitted by Michel Ohayon’s holding company, Financière Immobilière Bordelaise (FIB).

More than €500 million worth of hotel assets could ultimately be brought to market if no viable alternative solution emerges.

Three landmark French properties are at the heart of the proceedings: InterContinental Bordeaux – Le Grand Hôtel, Waldorf Astoria Versailles – Trianon Palace and Sheraton Paris Charles de Gaulle Airport Hotel.

The case extends far beyond a judicial dispute and could become one of France’s most significant hotel investment stories in the months ahead.

Investors will now closely watch whether FIB can secure creditor support or whether strategic asset disposals become unavoidable.

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