« Le tissu économique local aura du mal à suivre une hausse des salaires » pour Charles Zuccarelli, président du Medef de Corse

Dans un contexte d'inflation économique sur fond de crise sociale, certains secteurs comme l'hôtellerie-restauration réclament par la voix des syndicats une augmentation des salaires. Une demande qui passe surtout par "une baisse des charges" de l'Etat selon le patronat et les représentants institutionnels.

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De nouvelles négociations concernant la branche hôtellerie-restauration ont eu lieu la semaine dernière au niveau national, mais des solutions peinent toujours à émerger. Au menu principal des discussions : le sujet prépondérant d’une augmentation des salaires. Mais face à la réalité économique et financière des entreprises en cette période de sortie de crise, le patronat reste pragmatique.

En Corse, la situation touche l’ensemble des secteurs de l’économie et reste grandement conditionnée à l’évolution des conditions sanitaires. Un état des lieux et un ensemble de paramètres actuels que le président régional du Medef, Charles Zuccarelli, souhaite mettre en perspective : « Nous avons le même problème ici que sur le territoire national, car il n’y a jamais eu autant d’offres d’emploi qu’actuellement. Malgré la relance économique, nous ne trouvons pas de main d’œuvre qualifiée ou non qualifiée sur l’ensemble des secteurs d’activité ».

Une problématique qui cible surtout les métiers saisonniers et autres professions du secteur tertiaire, rattachés pour la plupart au secteur touristique et qui représente à lui seul 31% du PIB de l’île, contre seulement 7% pour l’ensemble de la France selon les chiffres de l’INSEE sur l’année 2020.

Un tissu économique local « constitué à 98% de TPE »

Une remise en question de l’attractivité globale du secteur, victime d’une pénurie d’employés notamment dans le secteur de la restauration, est donc à l’ordre du jour : « Depuis le Covid-19 et l’interruption des activités pendant les deux confinements, certains ont eu l’opportunité d’aller travailler ailleurs et y sont restés », déclare Frédéric Ruiz, responsable de la branche restauration de l’UMIH de Corse.

Et même si une hausse des salaires en Corse dans l’hôtellerie-restauration est mise en avant par les professionnels et les organisations syndicales, les spécificités du territoire font que « le tissu économique local aura du mal à suivre sans une baisse des charges de la part de l’Etat sur les entreprises. Aujourd’hui, il faut aussi bien prendre en compte que la région est constituée à 98 % de TPE », reconnaît Charles Zuccarelli.

Une équation complexe à résoudre dans une profession dont la rémunération dépend de plusieurs facteurs extérieurs. « Un salaire à 3 000 € nets revient à 6 298 € bruts à un employeur, ce qui doit faire près de 17 000 € de chiffre d’affaires pour assurer tout ça avec les frais de marchandises, les frais fixes, le gaz, l’eau, la location et la gérance entre autres. Plus le salaire net augmente et plus les charges sont importantes, constate-t-il. Il faudrait donc une remise en question par rapport à « l’exponentialité » des charges qui devraient être revues à la baisse. »

Un secteur fortement exposé aux variables économiques et saisonnières

Pour Frédéric Ruiz, la donne est simple et dépend principalement des taux de charges imposés par l’Etat : « Si on veut rendre le métier attractif, il faut que les gens soient bien rémunérés. L’un ne peut pas aller sans l’autre. Mais cela on ne pourra pas le faire si on n’a pas le pouvoir de les rémunérer à leur juste valeur. On donne presque la moitié du salaire à l’Etat en charges, c’est juste énorme. […] Qui n’a pas envie de donner un treizième mois à ces employés ? Il est toujours bien de dire qu’on veut augmenter les salaires, mais la vraie question c’est comment ? » (…) Lire la suite sur France 3

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