Le parcours atypique d’El Hadji Gora Diop, hôtelier donneur d’asile

A Roubaix, ce Franco-Sénégalais, gérant d’un Formule 1 depuis vingt ans, met 80 % de son établissement à la disposition des migrants et des sans-abri le temps de la trêve hivernale. Un accueil pratiqué avec enthousiasme par cet ancien sans-papiers passé par Sciences Po.

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La porte de la chambre 213 du Formule 1 de Roubaix (Nord) s’ouvre timidement. Jimmy, 28 ans, des tatouages et quelques cicatrices, a les yeux gonflés. Il est le dernier à avoir obtenu un lit à l’hôtel de l’avenue des Nations-Unies, à la suite d’un coup de fil passé au 115, le numéro du Samusocial. « J’étais SDF, et là je suis dans cette chambre. On m’offre des repas. Je suis très reconnaissant, dit-il à voix basse. Et puis, le gérant de l’hôtel est très sympa avec nous. C’est la première fois que je vois une personne comme ça. »

Sans aucune hésitation, El Hadji Gora Diop a accepté que son hôtel de 62 chambres soit réquisitionné à 80 % par la ­préfecture du Nord le temps de la trêve hivernale, exceptionnellement prolongée cette année jusqu’au 31 mai (au lieu du 31 mars). « Qu’on soit riche ou pauvre, on doit pouvoir ­dormir dans un lit et prendre une douche, estime l’hôtelier de 64 ans. Si je peux faire plaisir à ces personnes, je le fais, et tant pis si ça choque certains. » (…) Lire la suite sur Le Monde

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