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sam 16 janvier 2021
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Covid-19 : dix chambres occupées sur 208 au Plaza Athénée, plongée dans ce palace parisien déserté

Les journées sont longues au sein de l’établissement, qui perd entre 1 million et 2 millions d’euros chaque mois. L’hôtel, resté ouvert malgré le reconfinement, a perdu sa vie et ses restaurants, mais garde une poignée d’habitués.

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Début novembre, un livreur Uber Eats a poussé la porte tambour du Plaza Athénée et déposé au concierge le contenu de son sac isotherme. Le room service a réchauffé et disposé les plats sur la vaisselle du Plaza, mis l’ensemble sous cloche et monté le repas au client confiné. Dans cette scène qu’ils n’auraient jamais cru vivre, les employés du palace parisien ont trouvé un point de repère : les plats portaient la marque Ducasse, le chef du Plaza ayant lancé son service de restaurant à domicile. On ne sait, du livreur ou du concierge en redingote, qui a été le plus chamboulé par cette rencontre inédite entre le plat à emporter et le chic parisien. Mais elle raconte un monde passé de la dentelle à la débrouille, en attendant des jours meilleurs.

Dans la nuit noire de l’avenue Montaigne (8e arrondissement), temple effondré de la haute couture – dont les enseignes ont rouvert samedi 28 novembre –, le Plaza incarne une petite lueur d’espoir. Moins un phare qu’une lampe à pétrole. Le palace est bien ouvert, mais, à deux reprises, sa directrice de la communication nous introduit ainsi : « Monsieur fait un reportage sur l’hôtel fermé. » Un lapsus qui s’explique : les employés du Plaza ont le sentiment de ne pouvoir satisfaire leur clientèle, fût-elle rare. Lundi 30 novembre, 10 chambres du Plaza Athénée étaient occupées sur 208. Offrir un café au visiteur est interdit et la restauration autorisée se limite au service en chambre. Le directeur du Plaza, François Delahaye, en est malade : « Refuser de vous servir un verre d’eau, pour nous, dont le métier est d’être au service des autres, c’est horrible ».

Il n’empêche : les géraniums aux balcons du 25, avenue Montaigne et l’agent de sécurité masqué devant l’entrée ont eu, durant ce deuxième confinement, quelque chose de rassurant. Lorsque M. Delahaye a demandé au sultanat de Bruneï, également propriétaire du Meurice, s’il convenait de fermer les deux palaces, il lui a été répondu : « Pas tant que d’autres sont ouverts. » Hors de question de laisser la poignée d’habitués se tourner vers le Ritz, le George V, Le Bristol et La Réserve, derniers résistants au confinement parmi les 11 palaces parisiens. Comme ses concurrents, le Plaza reste discret sur les chiffres, mais il dit perdre entre 1 million et 2 millions d’euros chaque mois.

En septembre, 15 % de chambres occupées

Le seuil de rentabilité de l’hôtel se situe autour de 40 % de taux d’occupation, ou 60 %, si l’on inclut les amortissements et la fiscalité. En septembre, 15 % des chambres seulement étaient occupées, à un prix moyen de 1 300 euros la nuit. La chute des vols long-courriers est fatale à tous les palaces parisiens. L’hôtel s’est vidé fin octobre, lors de l’annonce du deuxième confinement.

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