Afrique | Accor occupe le terrain en Afrique subsaharienne

Accor est dans la course pour occuper au maximum le terrain en Afrique subsaharienne face à ses concurrents, alors qu'ailleurs dans le monde, le marché est saturé. Un hôtel de la marque suisse Mövenpick, rachetée par Accor en 2018, a été ouvert récemment à Abidjan, en pleine pandémie.

11

En cette fin de journée d’avril, alors que la nuit tombe d’un coup à 18h30, l’hôtel Mövenpick, qui a récemment ouvert ses portes au coeur du quartier des affaires du Plateau à Abidjan, capitale économique de la Côte d’Ivoire, propose en cette période de ramadan un buffet où l’on peut rompre le jeûne “dans une ambiance orientale”. Mais aussi, au même moment, une “chocolate hour”, marque de fabrique des hôtels Mövenpick partout dans le monde, avec dégustation des meilleurs chocolats de la marque, dans un décor afro-chic, orné d’oeuvres d’artistes ivoiriens.

La construction de ce cinq étoiles, qui vise une clientèle d’affaires, mais aussi les clases moyennes africaines, avait démarré en 2017, alors que Mövenpick Hotels & Resorts était encore une marque suisse; et a été achevé après son rachat par le groupe français Accor en 2018, pour un montant de 560 millions de francs. “Lors de l’inauguration, en pleine pandémie, aucun représentant ni d’Accor ni de Mövenpick n’étaient présents, car ils n’avaient pas le droit de voyager”, explique le directeur Peter Martin Hoesli,

Peter Martin Hoesli source Moevenpick

originaire du canton de Glaris, qui, du haut de sa carrière de 22 ans au sein du groupe, veille au respect du “swissness” dans son établissement. “Cette touche suisse, c’est très important, c’est ce qui fait notre différence”, sourit-il, en décrivant des petits déjeuners avec birchermuesli, tresse et gâteau aux carottes, dont les clients demandent parfois la recette; et bien entendu café, chocolat et confitures Mövenpick à disposition jusque dans les chambres.

L’Afrique, seul terrain encore vierge dans un monde saturé d’hôtels

“En temps normal, lorsqu’on ouvre un hôtel, il faut six mois à un an pour qu’il atteigne sa vitesse de croisière, alors en pleine pandémie, vous imaginez… ”, relève Daniel Karbownik, directeur régional d’Accor pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale. Comme en Europe, quoique dans une moindre mesure, le taux d’occupation des hôtels a chuté drastiquement sur le continent africain, au rythme des confinements. Mais le COVID a également eu des conséquences inattendues : à Abidjan, l’hôtel Ibis Marcory, réquisitionné par les autorités pour y abriter des personnes contaminées par le coronavirus affiche un taux d’occupation de 85%. L’autre “surprise” a pour cadre la Guinée Equatoriale, où les compagnies pétrolières imposent à leurs collaborateurs de se mettre en quarantaine à leur arrivée. Accor étant le seul groupe hôtelier international présent dans ce pays riche en pétrole, l’hôtel Ibis à Bata, ou le Sofitel Sipopo à Malabo affichent complet, du jamais vu !

La pandémie ne freine en tout cas pas la volonté du géant français de l’hôtellerie d’occuper le terrain en Afrique subsaharienne, à l’instar de ses principaux concurrents. “L’Afrique est considérée comme le continent de l’avenir pour ces prochaines années, le seul terrain encore vierge, avec le plus gros potentiel de développement; ailleurs, c’est totalement saturé”, relève le directeur régional d’Accor en Afrique de l’Ouest et Centrale, tout en soulignant “le nombre d’hôtels absolument affolant en Asie”. Et la marque Mövenpick, surtout concentrée en Afrique du Nord, en fait partie, avec des projets d’hôtels à Dakar au Sénégal, en Afrique de l’Est, au Kenya et en Ethiopie, outre celui, tout nouveau, d’Abidjan, et ceux qui existent déjà à Accra et à Nairobi. “C’est intéressant pour Accor de compter dans son portefeuille une marque associée à l’image de la Suisse, haut de gamme, pointilleuse, qui a une vraie histoire”, se réjouit Daniel Karbownik.

Les attentats terroristes n’ont plus le même impact sur le tourisme

Pour appuyer ce développement en Afrique subsaharienne, le groupe Accor s’est allié à (…) Lire la suite sur Mediapart