Projet de création d’un hôtel de luxe à Saint-Valery-sur-Somme: il n’y aura pas de guerre des étoiles sur le littoral

Le projet porté par le groupe rémois Pingat d’installer un luxueux hôtel dans les locaux de l’ancien hôpital valéricain ne provoque pas d’inquiétude chez les professionnels de l’hôtellerie haut de gamme du littoral picard.

53

Le groupe Pingat, basé à Reims, a signé une promesse d’achat exclusive avec le centre hospitalier de Saint-Valery-sur-Somme pour le rachat du bâtiment de l’ancien hôpital.

Cet ancien couvent du XVIe siècle de 100 000 m² pourrait être transformé en hôtel grand luxe comprenant notamment un restaurant gastronomique et un spa.

Après avoir réalisé des études, le groupe spécialisé dans la construction, qui dispose d’une branche hôtellerie, devra faire l’acquisition du bâtiment entre janvier 2022 et juin 2023.

Un hôtel grand luxe à Saint-Valery-sur-Somme d’ici quelques années ? Le scénario est loin d’être farfelu puisque le groupe rémois Pingat lorgne sur un bâtiment de l’ancien hôpital de la cité balnéaire. Cette arrivée, si elle se confirmait, pourrait rebattre les cartes du secteur de l’hôtellerie haut de gamme sur le littoral picard. Face à cette possibilité, les concurrents se montrent plutôt sereins… pour le moment.

Le premier d’entre eux se trouve à seulement quelques pas de l’ancien couvent qui pourrait accueillir des clients à la recherche de prestations luxueuses. Les Corderies est à l’heure actuelle le seul hôtel classé quatre étoiles sur la côte picarde. Arrivé il y a trois mois, Franck Pfeffer, son nouveau directeur, affiche un optimisme à toute épreuve : «  Nous restons un petit établissement de 18 chambres. Toute la communication qui va être faite autour de cette possible arrivée et sur la ville de Saint-Valery va aussi nous servir… sachant que nous sommes aujourd’hui le seul 4 étoiles.  »

Le projet « va peut-être nous mettre ou défi »

Si le projet venait à se concrétiser, y aurait-il de la place pour deux dans cette ville ? «  Oui, car nous savons qu’elle plaît et qu’elle est capable de faire venir du monde  », répond-il du tac au tac. En poussant un peu la conversation, il reconnaît tout de même que cette concurrence à venir «  va peut-être nous mettre au défi. Mais nous avons déjà nos projets et nous n’allons pas changer notre façon de réfléchir.  »

Au Bois de Cise, à quelques kilomètres de Saint-Valery-sur-Somme, Alexandra Bertin est la propriétaire du gîte de charme O dela de l’o. Il vise une clientèle «  à la recherche d’expériences, de séjours qui laissent une trace. Ce que fait assez mal l’hôtellerie.  » Cette ancienne cadre d’un grand groupe de ce secteur d’activité estime que l’installation d’un nouvel hôtel étoilé répondra «  à un manque cruel sur la côte picarde. Surtout quand on regarde par rapport à d’autres secteurs comme au Touquet (Pas-de-Calais) ou à Étretat (Seine-Maritime)  ».

« Il y a largement de la place pour ce projet et d’autres encore »

Selon elle, «  le supplément d’âme offert par les chambres d’hôtes ou les gîtes  » permet à leurs propriétaires de tirer leur épingle du jeu. Et demain ou après-demain ? «  Il y a largement de la place pour le projet de Saint-Valery et pour d’autres encore. Je reçois tout le temps des clients qui disent qu’ils n’ont pas trouvé d’hôtels.  »

Son (presque) voisin Éric Joswiak, directeur général de l’hôtel-restaurant Le Cise estime aussi qu’il manque «  un palace dans la région qui drainerait une clientèle haut de gamme  ». Mais pour l’heure, rien ne dit que le projet porté par le groupe Pingat atteindra le sommet de la classification des hôtels en France.

Le Cise a renoncé à la course aux étoiles (…) Lire la suite sur Le courrier picard

Publicité 4