France, Droit social | Recrutement : le ministre du Travail rappelle l’illégalité du « test du sac à main »

Jean-Pierre Farandou a officiellement condamné la pratique du « test du sac à main » lors des entretiens d'embauche. Cette méthode, qui consiste à examiner le contenu du sac des candidates, constitue une violation de la vie privée passible de sanctions.

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Le ministère du Travail met un coup d’arrêt à une dérive venue des États-Unis. Saisi par la sénatrice LR de Paris Catherine Dumas, Jean-Pierre Farandou a rappelé l’illégalité d’une pratique émergente : demander aux candidates de vider leur sac à main en entretien pour analyser leur personnalité présumée.

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Le phénomène, apparu outre-Atlantique il y a un an, a gagné la France courant 2025. Plusieurs témoignages de candidates ont alerté sur cette intrusion, poussant le ministre à prendre position. Pour Le Figaro, il a qualifié cette atteinte à la vie privée de « ni justifiée, ni proportionnée ».

« La façon dont un sac est rangé, on va faire des suppositions sur le fait que la personne est organisée. »

Un prétendu révélateur de personnalité

Le postulat des recruteurs adeptes de la méthode repose sur l’idée que l’organisation du sac refléterait les compétences professionnelles. Charles-Henri Besseyre des Horts, ancien président de l’Association francophone de gestion des ressources humaines, a expliqué sur BFMTV le raisonnement : « La façon dont un sac est rangé, on va faire des suppositions sur le fait que la personne est organisée. »

Médicaments, tétine, maquillage ou préservatifs sont ainsi scrutés comme autant d’indices sur l’état de santé, la vie familiale ou les habitudes de consommation. Une interprétation que contredit l’absence totale d’étude scientifique liant contenu du sac et compétences professionnelles.

Une discrimination sexuelle caractérisée

Le sociologue Jean-Claude Kauffmann avait pourtant théorisé le sac à main comme « véritable reflet de soi », mais sans jamais l’associer à la performance au travail. L’écrivain Jean Cau ironisait d’ailleurs dans Le Figaro : « Le sac à main des femmes est une véritable boîte à outils, comme en trimbalent les plombiers. »

Sur le plan juridique, le Code du travail impose que toute question posée en recrutement présente un « lien direct et nécessaire avec l’emploi proposé ou avec l’évaluation des aptitudes professionnelles ». La fouille du sac ne remplit évidemment pas cette condition. Les recruteurs s’exposent donc à des sanctions civiles et pénales, d’autant que la pratique, quasi exclusivement féminine, constitue une discrimination sexuelle.

« At a glance » 👀

Milestone: French Labour Ministry declares « handbag test » illegal in recruitment

Context: Practice emerged in US (2024), reached France (2025), now officially banned

Legal basis: Violation of privacy, gender discrimination, no direct link to professional skills

Sanctions: Civil and criminal penalties for recruiters

Key quote: Labour Minister Jean-Pierre Farandou – « neither justified nor proportionate »

Next steps: Companies advised to review recruitment practices to ensure compliance

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