Embargo | Cuba ouvre son hôtellerie aux investisseurs cubains après le retrait des groupes internationaux

Acculée par l'exode des opérateurs hôteliers étrangers sous la pression des sanctions américaines, Cuba a annoncé une mesure inédite : ouvrir la gestion de ses hôtels aux investisseurs cubains, qu'ils résident sur l'île ou à l'étranger. Une réponse directe au vide laissé par Meliá, Iberostar, Blue Diamond, Sunwig, Blue hotels et d'autres chaînes internationales ou voyagistes, contraints de se retirer sous l'ultimatum de l'administration Trump.

Perspectives

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Un secteur vidé de ses opérateurs étrangers

Le coup de grâce est venu d’un décret signé par le président Donald Trump le 1er mai 2026, fixant au 5 juin la date limite pour que les entreprises étrangères rompent tout lien commercial avec le conglomérat militaire cubain GAESA – Grupo de Administración Empresarial S.A. – et sa filiale hôtelière Gaviota. Sous peine d’exclusion du système financier américain, les groupes ont capitulé les uns après les autres.

Meliá Hotels International, présente à Cuba depuis 1990 et premier opérateur hôtelier international de l’île avec quelque 14 000 chambres sous gestion, a notifié le 3 juin la cessation immédiate de ses activités dans 15 de ses 34 hôtels cubains. Iberostar avait franchi le pas dès le 1er juin, se retirant de 12 de ses 18 établissements liés à Gaviota. Blue Diamond, Royalton et Archipelago International ont suivi le même mouvement en quelques jours.

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Le secteur était déjà fragilisé bien avant cet ultimatum.

La réponse de La Havane : une ouverture historique aux Cubains de l’intérieur et de la diaspora

Comme rapporté par le site AP News,  dans ce contexte d’embargo, le président Miguel Díaz-Canel a annoncé une évolution structurelle de la politique hôtelière cubaine, dans un entretien diffusé vendredi sur la chaîne présidentielle officielle. « Il y aura des hôtels que nous devrons exploiter davantage sous gestion cubaine que sous gestion partagée avec des entités étrangères (…). Nous proposons différents modèles économiques. Nous sommes ouverts aux Cubains qui souhaitent investir et gérer des hôtels. »

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Le président a expressément étendu cette ouverture à la diaspora.

Pour l’hôtellerie cubaine, la voie de sortie reste étroite. Les infrastructures souffrent d’années de sous-investissement et de délestages électriques massifs. Les compagnies aériennes se sont retirées en nombre – au moins onze ont suspendu ou réduit leurs vols depuis le début de 2026, pour plus de 1 700 vols annulés. Iberia a suspendu sa liaison Madrid-La Havane jusqu’au 24 octobre. Dans ce contexte, attirer des investisseurs cubains – même motivés – pour reprendre des hôtels sans clientèle, sans carburant et sans connectivité aérienne demeure un pari risqué.

Pour le contexte complet : Retrait de Meliá de Cuba


EN UN COUP D’ŒIL / AT A GLANCE

Cuba opens hotel management to Cuban investors, both residents and diaspora, after mass withdrawal of international chains

Trigger: US Executive Order 14404 (signed May 1, 2026) imposing secondary sanctions on companies dealing with GAESA/Gaviota; deadline June 5

Withdrawals confirmed: Meliá (15 of 34 hotels), Iberostar (12 of 18), Blue Diamond, Royalton, Archipelago International

Meliá had been Cuba’s largest international hotel operator: ~14,000 rooms under management since 1990; Q1 2026 occupancy at 34.1%; net profit down 68%

Tourism in freefall: 298,000 arrivals Jan-Mar 2026, down 48% year-on-year; peak was 4.3 million visitors in 2019

At least 11 airlines suspended or reduced Cuba routes in 2026; 1,700+ flights cancelled

President Díaz-Canel quote (direct): « We are proposing different business models. We are open to Cubans who want to invest and manage hotels. »

Also open to diaspora Cubans for investment and management opportunities

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