Un risque qui dépasse la simple volatilité des prix
Le kérosène a toujours été l’un des postes de coûts les plus volatils pour les compagnies aériennes. Mais en 2026, c’est la disponibilité même du carburant qui devient une préoccupation opérationnelle immédiate dans plusieurs marchés.
Les perturbations liées aux tensions en Mer Rouge et autour du Détroit d’Ormuz — par lequel transite une part significative du pétrole mondial — commencent à affecter directement les approvisionnements. Des avions sont déjà cloués au sol sur le tarmac de l’aéroport de Teruel, en Espagne, utilisé à nouveau comme site de stockage pour appareils immobilisés. Le signal est clair : la pression ne se limite plus aux lignes de coûts des compagnies.
L’Afrique en première ligne, l’Occident pas à l’abri
Les compagnies africaines sont les plus exposées : le carburant représente entre 30 % et 55 % de leurs coûts d’exploitation, bien au-dessus de la moyenne mondiale. Certains pays opèrent avec des réserves critiquement basses — une dizaine de jours pour la Zambie, une cinquantaine pour le Kenya. Des surcharges carburant ont déjà été imposées, et des réductions de capacité sont envisagées si la situation se dégrade.
Mais le risque n’épargne pas les marchés occidentaux, structurellement dépendants du brut importé pour leur production de Jet A-1, un carburant de type kérosène.
Les vols long-courriers, maillons les plus fragiles
Les routes long-courriers sont particulièrement vulnérables. Elles reposent sur une planification carburant précise, l’économie des gros-porteurs et la fiabilité des chaînes d’approvisionnement aéroportuaires. Lorsque le carburant se raréfie ou se renchérit brutalement, les compagnies peuvent être contraintes d’ajouter des escales techniques, d’emporter du carburant supplémentaire, de dérouter leurs appareils ou de réduire leur service sur les routes marginales.
Dans un contexte où de nombreux marchés long-courriers achèvent à peine de reconstruire leur cohérence réseau après plusieurs années de volatilité post-Covid, une nouvelle période de perturbation pourrait accélérer la rationalisation des routes et la sélectivité dans le déploiement des appareils.
L’hôtellerie de destination en première ligne
Pour l’industrie hôtelière, le carburant aviation n’est pas qu’un problème de compagnies aériennes — c’est un risque de demande. Les marchés insulaires, les destinations resort et les grandes portes d’entrée du tourisme international sont directement exposés : moins de vols directs ou des itinéraires moins fiables suffisent à fragiliser les taux de conversion, comprimer les fenêtres de réservation et rediriger la demande vers des destinations plus accessibles.
Les établissements haut de gamme, luxe et resort — qui dépendent davantage de la clientèle internationale et des flux long-courriers — sont les plus vulnérables à ce type de choc d’accessibilité.
Le message pour les propriétaires d’hôtels et les acteurs du marketing de destination est sans ambiguïté : le risque d’accès aérien est de retour comme variable à part entière des perspectives du secteur.
👀 At a glance
Risk: Jet fuel supply disruptions linked to Middle East tensions threatening long-haul air connectivity in 2026
Chokepoint: Strait of Hormuz — handles a significant share of global jet fuel shipments
Africa exposure: Fuel = 30–55% of airline operating costs / Zambia ~10 days reserves / Kenya ~50 days
Real case: Cuba — 9 international airports without Jet A-1 for ~1 month / 400+ weekly flights impacted
Signal: Aircraft already parked at Teruel Airport (Spain) due to operational strain
Hotel impact: Reduced air access weakens demand conversion in resort, island & gateway markets








