Pouvoir d’achat, 01 2027 🇫🇷 | Prime d’activité : pourquoi les salariés de l’hôtellerie-restauration pourraient être particulièrement concernés en 2027

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La prime d’activité, un complément de revenu destiné aux travailleurs modestes

Créée en 2016 en remplacement du RSA activité et de la prime pour l’emploi, la prime d’activité est une prestation sociale destinée à soutenir le pouvoir d’achat des personnes qui travaillent mais disposent de revenus modestes.

Contrairement au RSA, qui peut être versé à des personnes sans activité professionnelle, elle vise principalement à compléter les revenus d’une activité salariée ou indépendante.

Versée mensuellement par la Caisse d’allocations familiales (CAF), ou par la MSA pour les personnes relevant du régime agricole, elle est accessible sous certaines conditions, notamment d’âge, de résidence et de ressources.

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Son montant dépend de plusieurs paramètres : les revenus professionnels, la composition du foyer, les ressources éventuelles du conjoint, les enfants à charge et certaines prestations sociales.

Elle n’est donc pas réservée aux salariés rémunérés exactement au SMIC. Un collaborateur gagnant davantage peut également y prétendre selon sa situation familiale.

La prime d’activité est non imposable. Elle est calculée à partir des ressources déclarées trimestriellement, notamment à partir du montant net social figurant sur les bulletins de paie.

Elle ne constitue pas un élément du salaire versé par l’employeur : il s’agit d’une prestation publique, financée dans le cadre de la solidarité nationale.

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Pourquoi cette prime est-elle particulièrement importante dans l’hôtellerie-restauration ?

L’hôtellerie-restauration se caractérise par une proportion élevée d’emplois rémunérés au SMIC ou à un niveau proche.

Selon la Dares, au 1er novembre 2024, 28,2 %* (lire encadré ci-après) des salariés du regroupement de branches « hôtellerie, restauration et tourisme » étaient concernés par la revalorisation du SMIC.

(*) Précision statistique essentielle : il ne serait pas rigoureux d’affirmer que 28,2 % des salariés de l’hôtellerie-restauration perçoivent la prime d’activité. Ce pourcentage mesure les salariés concernés par une revalorisation du SMIC, pas les allocataires de la CAF. Il constitue néanmoins un indicateur solide de l’importance potentielle du dispositif dans le secteur.

Dans la restauration rapide, cette proportion atteignait 56,3 %.

Ces données ne permettent pas de déterminer combien de salariés du secteur bénéficient effectivement de la prime d’activité, mais elles illustrent l’importance des rémunérations modestes dans ces métiers.

Les employés d’étages, personnels de nettoyage, équipiers de restauration, commis de cuisine, plongeurs, serveurs et certains réceptionnistes figurent parmi les catégories professionnelles potentiellement concernées.

Pour un salarié rémunéré autour du SMIC, la prime d’activité peut représenter un complément de plusieurs dizaines, voire de plusieurs centaines d’euros mensuels selon les revenus et la situation du foyer.

Son importance ne se limite donc pas à une prestation accessoire : elle peut contribuer directement au financement des dépenses courantes, notamment le logement, les transports ou l’alimentation.

Dans les territoires où les coûts du logement sont élevés, particulièrement dans les grandes destinations touristiques et les métropoles, ce complément peut jouer un rôle significatif dans le revenu disponible des salariés.

Une prestation renforcée en 2026 pour les revenus proches du SMIC

L’importance de la prime d’activité a d’ailleurs été reconnue par les pouvoirs publics dans le cadre de la réforme entrée en vigueur au 1er avril 2026.

Outre une revalorisation annuelle de 0,8 %, cette réforme a renforcé la bonification individuelle pour une partie des salariés percevant des revenus compris entre le SMIC et environ 1,15 SMIC.

L’objectif était précisément d’améliorer le pouvoir d’achat des travailleurs modestes et d’élargir l’accès au dispositif.

Les premiers effets de cette réforme ont été intégrés aux versements de l’été 2026, selon le calendrier des déclarations trimestrielles.

La modification envisagée pour 2027 intervient donc dans un contexte particulier : après avoir renforcé la prime pour certains travailleurs modestes, les pouvoirs publics pourraient modifier l’assiette des ressources servant à son calcul.

Les deux mesures poursuivent des objectifs différents et leurs effets ne peuvent pas être assimilés, mais leur articulation mérite une attention particulière.

Ce qui pourrait changer au 1er janvier 2027

Depuis juillet 2023, les bulletins de paie comportent une ligne intitulée « montant net social ».

Cette donnée sert de référence au calcul de la prime d’activité et du revenu de solidarité active (RSA).

Or, selon une mise à jour du Bulletin officiel de la Sécurité sociale (BOSS) datée du 2 octobre 2026, plusieurs contributions patronales actuellement exclues pourraient être intégrées au calcul de ce montant à compter du 1er janvier 2027.

Seraient notamment concernées les participations de l’employeur au financement de la complémentaire santé, de certaines garanties de prévoyance et des dispositifs de retraite supplémentaire.

La particularité de cette évolution tient au fait que les sommes concernées ne seraient pas directement versées au salarié.

Elles financent des garanties sociales, mais ne constituent pas un revenu disponible sur son compte bancaire.

Leur intégration pourrait néanmoins augmenter les ressources prises en compte pour déterminer ses droits à la prime d’activité.

Un exemple concret : une mutuelle financée par l’employeur

Prenons le cas d’un salarié d’hôtel dont l’employeur prend en charge 50 euros par mois au titre de sa complémentaire santé.

Aujourd’hui, cette participation n’entre pas dans le calcul du montant net social.

Si les nouvelles dispositions entrent en vigueur, ces 50 euros pourraient être ajoutés au montant net social déclaré à la CAF.

Le salarié ne percevrait pas un euro supplémentaire sur son compte bancaire.

Pourtant, les ressources prises en compte dans le calcul de sa prime d’activité seraient augmentées.

Selon ses revenus et la composition de son foyer, cette modification pourrait entraîner une diminution de la prestation, voire une perte d’éligibilité.

Il ne faut toutefois pas en déduire que 50 euros supplémentaires de montant net social entraîneraient mécaniquement une réduction de 50 euros de prime d’activité.

Le calcul repose sur une formule intégrant plusieurs paramètres, notamment les revenus professionnels et les bonifications individuelles.

Une conséquence potentielle sur le pouvoir d’achat des équipes

Dans l’hôtellerie-restauration, l’effet pourrait être particulièrement sensible pour les salariés dont les revenus se situent à proximité des seuils d’éligibilité.

La prime d’activité intervient en complément de rémunérations qui peuvent déjà être contraintes par le coût de la vie, les déplacements domicile-travail et les dépenses de logement.

Une baisse de quelques dizaines d’euros par mois, si elle se confirmait, pourrait représenter une perte non négligeable sur une année complète.

Pour les salariés concernés, la situation pourrait paraître paradoxale : leur salaire contractuel et leur net à payer resteraient inchangés, tandis que leur revenu disponible après prestations diminuerait.

Cette évolution pourrait également susciter des incompréhensions au sein des entreprises, notamment lorsque les collaborateurs attribuent spontanément les variations de leurs ressources à leur employeur.

Les directions RH devront anticiper les interrogations

Pour les employeurs de l’hôtellerie et de la restauration, cette modification ne constituerait pas une hausse directe des salaires ou des cotisations patronales du seul fait du nouveau calcul.

Elle pourrait en revanche nécessiter une adaptation des logiciels de paie et des informations figurant sur les bulletins.

Les services RH devront être en mesure d’expliquer la distinction entre le salaire net à payer, le montant net social et les prestations versées par la CAF.

Cette pédagogie pourrait être particulièrement utile dans les établissements employant une forte proportion de salariés rémunérés autour du SMIC.

Les employeurs ne déterminent pas les droits individuels à la prime d’activité, mais ils contribuent à la fiabilité des données sociales transmises aux organismes concernés.

Une réforme encore soumise à la publication d’un décret

À la date du 27 octobre 2026, les nouvelles modalités annoncées ne sont pas encore définitivement applicables.

Leur entrée en vigueur reste conditionnée à la publication d’un décret au Journal officiel.

Si elles sont confirmées, elles concerneraient les revenus dus à compter du 1er janvier 2027.

Les conséquences éventuelles sur les prestations n’apparaîtraient pas nécessairement immédiatement : elles dépendraient du calendrier de prise en compte des ressources par la CAF.

Les salariés bénéficiaires devront donc porter une attention particulière à leur montant net social et à leurs déclarations trimestrielles, même lorsque celles-ci sont préremplies.

Analyse LTH | Une question sociale au-delà du seul calcul administratif

La prime d’activité occupe une place particulière dans l’économie de l’emploi hôtelier.

Pour une partie des salariés modestes, elle contribue à compléter une rémunération professionnelle qui ne suffit pas toujours à absorber les dépenses courantes, particulièrement dans les zones touristiques où le logement est coûteux.

La forte proportion de salariés proches du SMIC dans l’hôtellerie-restauration explique pourquoi une modification de ses modalités de calcul mérite une attention sectorielle.

Le risque, si la réforme est confirmée, est de voir certains collaborateurs perdre une partie de leur pouvoir d’achat sans modification de leur salaire net.

Pour les entreprises, la question ne sera pas seulement administrative. Elle touchera également à la compréhension de la rémunération globale, au dialogue social et, indirectement, à l’attractivité des métiers.

Il convient toutefois de distinguer le risque potentiel de son impact réel : celui-ci dépendra du décret définitif, des paramètres de calcul et de la situation de chaque foyer.

Sources complémentaires : Service-Public : fonctionnement et conditions de la prime d’activité, CAF : réforme et revalorisation de 2026, Dares : salariés concernés par la revalorisation du SMIC en novembre 2024.

 

At a Glance

Country: France.

Benefit: Prime d’activité, a means-tested in-work income supplement.

Purpose: Support the purchasing power of low-income workers.

Administrator: CAF or MSA.

Payment frequency: Monthly.

Eligibility: Based on earnings, household composition and other resources.

Hospitality exposure: High proportion of employees earning at or near the minimum wage.

DARES indicator: 28.2% of employees in the hospitality, catering and tourism branch grouping were affected by the November 2024 minimum-wage increase.

Fast-food sector: 56.3% affected by the same increase.

Proposed 2027 change: Inclusion of certain employer-funded benefits in the social net income calculation.

Possible consequence: Lower benefit entitlement despite unchanged take-home pay.

Implementation: Subject to publication of an implementing decree.

LTH perspective: Potential purchasing-power implications for hospitality employees and communication challenges for HR departments.

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