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« Les plus beaux projets ne naissent pas toujours d’une étude de marché ou d’un business plan. Ils naissent parfois d’une intuition, d’une rencontre ou d’une conviction suffisamment forte pour donner du sens à ce que l’on construit. »

On demande souvent aux entrepreneurs pourquoi ils ont créé leur entreprise. On leur demande plus rarement pourquoi ils ont choisi l’hospitality pour le faire.

La question mérite pourtant d’être posée.

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À l’heure où l’hospitality parle d’intelligence artificielle, de développement international, de performances financières ou encore de nouveaux modèles économiques, ce Grand Dossier raconte peut-être tout autre chose.

Celui de femmes qui ont choisi de consacrer leur temps, leur énergie et parfois une partie de leur vie professionnelle à imaginer des expériences pour les autres.

La leur tient peut-être en trois verbes : accueillir, créer et transmettre.

Mais au fil des entretiens, une autre conviction s’est imposée à nous.

Ce dossier ne raconte finalement pas seulement la naissance de quatre entreprises. Il raconte aussi cinq manières singulières de regarder le monde.

L’une écrit encore ses projets dans des carnets qui ne la quittent jamais. Une autre continue de croire que le vrai luxe est celui de se sentir vu, compris et attendu. Une troisième avoue préférer assister à la naissance des projets plutôt qu’à leur simple exploitation. Deux autres revendiquent le temps long nécessaire à l’émergence des lieux qu’elles imaginent.

Aucune ne semble véritablement avoir choisi l’hospitality pour les mêmes raisons. Toutes pourtant lui accordent une même place : celle d’une industrie profondément humaine.

C’est peut-être ce qui nous a le plus surpris.

Nous leur avons posé les mêmes questions. Aucune ne nous a répondu de la même manière. Pourtant, leurs réponses semblent parfois se faire étonnamment écho.


LES ENTREPRENEURES EN UN REGARD 👀

5 entrepreneures – 4 entreprises – 3 continents CIBLÉS – 1 conviction commune : l’humain précède toujours l’expérience.

Une même question, cinq réponses

Elles ne se connaissent pas. Elles ne construisent pas les mêmes entreprises. Elles n’imaginent pas les mêmes lieux et ne répondent pas aux mêmes enjeux.

À première vue, rien ne semble les rapprocher.

L’une accompagne la transformation numérique des établissements hôteliers. Une autre imagine une nouvelle génération d’hôtels boutiques africains. Une troisième contribue à la naissance de concepts premium d’hospitality et de restauration tandis que deux autres réinventent les liens qui unissent stratégie, architecture intérieure et expérience client.

Leurs parcours sont différents. Leurs réponses pourtant se font parfois étonnamment écho.

Toutes parlent de transmission avant de parler de réussite. D’émotions avant de parler de performances. De rencontres avant de parler de carrières.

Plus surprenant encore, elles parlent finalement assez peu d’elles-mêmes.

Elles préfèrent raconter un mentor qui a changé leur regard sur leur métier, une cliente dont elles n’ont jamais oublié la demande particulière, un territoire dont elles souhaitent accompagner l’émergence ou encore des lieux dont l’identité reste encore à imaginer.

Comme si entreprendre dans l’hospitality relevait moins d’une volonté de créer une entreprise que d’une certaine manière de regarder les autres.

C’est peut-être là, avant même le premier chiffre d’affaires ou la première levée de fonds, que se joue véritablement la naissance d’un projet.

Ce Grand Dossier raconte cette conviction commune.


PREMIER MOUVEMENT | Le temps des rencontres

Il existe dans chacun de leurs témoignages un mot qui revient avec une étonnante régularité : celui de la rencontre.

On y croise des mentors, des collaborateurs, des investisseurs, des chefs, des directeurs généraux et des entrepreneurs dont elles racontent volontiers avoir beaucoup appris. Elles parlent davantage des personnes qui ont marqué leurs parcours que des fonctions qu’elles ont occupées.

Comme si l’hospitality se transmettait encore beaucoup par celles et ceux qui la font vivre.

Chez Fatimata Bailly Nafo, les rencontres semblent avoir accompagné chacune des grandes étapes de sa vie professionnelle. Elle se destinait pourtant à la diplomatie internationale. Avec le recul, cette vocation première ne paraît d’ailleurs pas si éloignée de ce qu’elle construit aujourd’hui. Il y est toujours question de rencontres, de territoires et de dialogue entre les cultures. Seuls les lieux ont changé.

Il existe chez elle quelque chose qui ressemble à une impatience heureuse. Celle des bâtisseurs qui noircissent des carnets de projets futurs avant même d’avoir terminé les précédents. Lorsqu’elle parle d’entrepreneuriat, elle parle moins de courage que d’abnégation, un mot qu’elle dit avoir appris bien avant la création d’AYOKA Group. Elle est également l’une des rares à évoquer spontanément l’empreinte qu’elle souhaite laisser derrière elle. Un exercice auquel elle se prête régulièrement : écrire noir sur blanc la femme qu’elle souhaite devenir dans dix ans et ce qu’elle espère avoir transmis au moment de se retourner sur son parcours.

Il y eut d’abord Maison Mixmelô, une première aventure entrepreneuriale dans l’univers de la mode. Puis vingt-deux années passées à apprendre l’hospitality, ses exigences et ses paradoxes. L’ouverture de deux Sofitel en Afrique de l’Ouest comptera parmi ses plus beaux souvenirs professionnels. Elle évoque ainsi des ouvertures hôtelières avec la même émotion que certains se remémorant des grands voyages. Comme si entreprendre n’avait finalement jamais constitué un objectif en soi mais seulement une autre manière de construire.

Lorsqu’elle évoque son métier, Fatimata Bailly Nafo utilise volontiers l’expression « Test and learn ». Deux mots qui résument peut-être assez bien son parcours. Essayer, apprendre, recommencer. Accepter également que les projets prennent parfois davantage de temps qu’imaginé. Son plus grand défi n’est d’ailleurs pas celui que l’on pourrait croire. Plus encore que le financement ou le développement, elle évoque volontiers la nécessité de rester fidèle à ses convictions dans un environnement qui impose parfois d’aller vite quand elle revendique, elle, le temps long de la construction.

Chez Nina Pierquet, le mot qui s’impose naturellement est celui d’intelligence collective. Son parcours ressemble à une succession de diagonales où les langues étrangères, le développement durable, l’accompagnement au changement, les collectivités territoriales et l’hôtellerie haut de gamme finissent un jour par se rejoindre.

Rien ne la destinait pourtant à créer une entreprise technologique dédiée à l’hôtellerie premium. Ses premières ambitions professionnelles la conduiront ailleurs jusqu’à ce que plusieurs vies professionnelles finissent un jour par se rencontrer.

Il y a d’ailleurs quelque chose de presque paradoxal chez elle. Celle qui développe aujourd’hui une solution technologique parle finalement assez peu de technologie. Elle parle davantage des équipes auxquelles elle souhaite redonner du temps, des attentions que l’on ne devrait jamais manquer ou encore de cette intelligence collective dont elle semble faire le véritable moteur de l’expérience client.

Le vrai luxe, explique-t-elle, réside désormais dans ce sentiment d’avoir été vu, compris et attendu. Et cela, rappelle-t-elle volontiers, aucune technologie ne saurait véritablement le produire seule.

DailyBird est née d’une attention portée à une cliente intolérante au gluten dont la demande particulière nécessitera près d’une heure de coordination entre plusieurs équipes. Une heure consacrée à organiser ce qui n’aurait dû prendre que quelques minutes. Derrière cette anecdote se cache pourtant une conviction beaucoup plus profonde : les collaborateurs ne manquent pas de talent, ils manquent parfois simplement des outils qui leur permettraient de l’exprimer pleinement.

Son parcours entrepreneurial ne s’est d’ailleurs pas construit sans hésitations. Elle évoque volontiers des projets qui n’ont pas vu le jour, des rencontres décisives ou encore cette nécessité d’apprendre à gagner la confiance du secteur établissement après établissement. Rien ne semble relever, dans son discours, d’une forme de succès immédiat ou évident. L’entrepreneuriat apparaît davantage comme un chemin fait de convictions successives que comme une destination.

Quant à Alicia Vegezzi, elle rêvait de médecine. Elle raconte aujourd’hui avec le sourire avoir finalement « raté médecine ». L’anecdote peut aussi prêter à sourire mais elle dit peut-être quelque chose de plus profond. L’hospitality et la chirurgie possèdent finalement davantage de points communs qu’on ne l’imagine : précision, exigence et volonté de prendre soin des autres.

Elle avoue volontiers être davantage inspirée par les bâtisseurs que par les personnalités médiatiques. Ce qu’elle aime avant tout, ce sont les commencements. Les premières pages des histoires qu’il reste encore à écrire. Les ouvertures d’établissements. Les projets qui n’existent encore que dans l’esprit de celles et ceux qui les portent.

« Je voulais être présente dès la première page de l’histoire », confie-t-elle. Cette phrase résume probablement assez bien ce qui caractérise son parcours. Elle aime moins faire fonctionner des projets qu’assister à leur naissance. Concevoir avant de développer. Imaginer avant d’exécuter.

Son métier consiste finalement moins à construire des concepts qu’à leur permettre de révéler toute leur cohérence. Derrière chaque projet, elle cherche moins une performance économique qu’un équilibre entre vision stratégique, créativité et excellence opérationnelle.

Enfin, Camille Richez et Claudia Scaraffiotti racontent volontiers que Kraft Places est née de leur propre rencontre. Elles revendiquent le droit de prendre le temps nécessaire à la maturation des projets qu’elles accompagnent. Parce qu’un lieu ne s’imagine pas uniquement à travers son architecture intérieure. Il raconte également une histoire, révèle un territoire et porte une promesse qu’il faudra savoir tenir longtemps encore après son ouverture.

Elles parlent autant des concours perdus que des projets menés à leur terme, convaincues que les petites victoires disent souvent davantage d’une aventure entrepreneuriale que les plus grands succès. Il y a dans leur manière d’envisager l’hospitality quelque chose qui relève presque de l’artisanat : celui qui consiste à préférer la sincérité d’un projet à la facilité des effets de mode.

Le Château du Portereau demeure sans doute celui qui illustre le mieux leur approche. Elles y auront été associées dès les premières réflexions, bien avant que l’architecture ne prenne forme. Comme si les lieux possédaient eux aussi leur propre temporalité et qu’il convenait parfois d’apprendre à les écouter avant même de commencer à les dessiner.

Comme si l’hospitality elle-même se transmettait encore beaucoup par celles et ceux qui la font vivre.

Ce ne sont pas seulement des entreprises qu’elles font naître aujourd’hui. Elles prolongent également, chacune à leur manière, ce qu’elles ont elles-mêmes reçu.

Et c’est peut-être ce qui distingue le plus ces cinq trajectoires des récits entrepreneuriaux plus classiques : la dette n’y est jamais tue. Elle est au contraire revendiquée comme un moteur. Celle que l’on contracte à l’égard d’un mentor, d’une rencontre déterminante, d’une équipe ou encore d’un territoire auquel on souhaite à son tour apporter quelque chose, contribuer.

Créer devient alors moins une conquête personnelle qu’une manière de transmettre à son tour.


DAILYBIRD EN QUELQUES MOTS 👀

« Le vrai luxe, c’est de se sentir vu, compris et attendu. »

Ce qui l’anime

Redonner du temps aux équipes hôtelières pour qu’elles puissent pleinement exprimer leur talent auprès des clients.

Ce qui l’a décidée

Une cliente intolérante au gluten dont l’attention personnalisée aura nécessité près d’une heure de coordination entre plusieurs équipes.

Sa conviction

Aucune technologie ne remplace l’intelligence collective, elle lui permet simplement de s’exprimer pleinement.

Ce qu’elle imagine pour demain

Une hospitality plus collaborative, plus humaine et plus intuitive, pour les équipes comme pour les voyageurs.


DEUXIÈME MOUVEMENT | Le temps des bâtisseurs

Les plus beaux projets ne naissent pas toujours d’une étude de marché ou d’un business plan.

Ils naissent parfois d’une intuition suffisamment forte pour ne plus vous quitter.

Une cliente intolérante au gluten dont une simple attention nécessitera près d’une heure de coordination entre plusieurs équipes. Un paiement en mobile money impossible à réaliser pour réserver une chambre d’hôtel. Un restaurant auquel il manque encore son histoire. Ou encore un château nantais dont tout reste à imaginer.

À première vue, ces histoires n’ont rien de commun.

Elles racontent pourtant exactement la même chose : ce moment très particulier où l’on cesse simplement de constater une évidence pour commencer à vouloir la transformer.

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Il n’y a d’ailleurs rien de spectaculaire dans leurs récits entrepreneuriaux. On n’y trouve ni grandes déclarations ni succès immédiats. Elles parlent davantage de chemins empruntés parfois malgré elles, de convictions qui résistent au temps ou encore de projets qui auront nécessité plusieurs années avant de trouver leur pleine maturité.

Le temps des bâtisseurs est peut-être celui-là. Celui qui oblige à accepter que les plus beaux projets soient aussi ceux qui prennent le plus de temps.

DailyBird n’est pas née d’une réflexion sur la technologie mais d’une attention portée à une cliente. AYOKA Group est née de la certitude qu’il est désormais possible de penser autrement l’hôtellerie boutique africaine. Oversees est née du désir d’accompagner les projets dès leurs premières lignes. Quant à Kraft Places, l’agence est née du refus de penser séparément ce qui constitue pourtant un même projet.

Le déclic entrepreneurial ne semble jamais être celui du statut. Il est celui de l’impact recherché.

Aucune ne raconte le jour où elle a décidé de devenir entrepreneure. Elles racontent davantage celui où elles ont compris qu’elles ne pourraient plus faire autrement.

Chez Nina Pierquet, il est question d’une heure consacrée à coordonner une attention particulière quand quelques minutes auraient dû suffire. Chez Fatimata Bailly Nafo, il est question d’un continent dont les voyageurs évoluent plus rapidement que les modèles qui continuent parfois à leur être proposés. Alicia Vegezzi parle volontiers des projets qu’elle aurait aimé accompagner plus tôt, au moment où tout reste encore possible. Camille Richez et Claudia Scaraffiotti, enfin, revendiquent une approche globale des lieux qu’elles imaginent, convaincues qu’un projet réussi est toujours celui qui raconte une histoire cohérente.

Leurs entreprises répondent à des problématiques différentes. Leurs intentions pourtant semblent parfois se faire écho.

Elles parlent rarement de croissance avant de parler de construction. Rarement de développement avant de parler de transmission. Rarement enfin de réussite avant de parler du chemin parcouru.

Comme si entreprendre relevait finalement moins d’une volonté de réussir que d’une certaine manière de prendre soin des projets que l’on choisit de porter.

L’entreprise devient alors moins une finalité qu’un prolongement naturel d’une conviction qui existait déjà bien avant la première ligne d’un business plan.


AYOKA GROUP EN QUELQUES MOTS 👀

« Test and learn. »

Ce qui l’anime

Construire une hospitality africaine pensée à partir de ses territoires, de ses voyageurs et de ses usages.

Son plus beau souvenir professionnel

L’ouverture de deux Sofitel en Afrique de l’Ouest.

Son plus grand défi

Prendre le temps de construire sans jamais renoncer à ses convictions.

Ce qu’elle imagine pour demain

Une nouvelle génération d’établissements boutiques africains profondément ancrés dans leurs environnements économiques, culturels et humains.


TROISIÈME MOUVEMENT | Imaginer des lieux, imaginer les autres

Une autre constante frappe alors à la lecture de leurs témoignages.

Elles parlent rarement de produits. Elles parlent de lieux. Elles parlent rarement de performances. Elles parlent d’expériences humaines.

Le vrai luxe dont parle Nina Pierquet est celui de se sentir vu, compris et attendu. Fatimata Bailly Nafo envisage une hôtellerie africaine capable d’accueillir autrement ses voyageurs. Alicia Vegezzi revendique son goût pour les établissements qui deviennent des destinations à part entière tandis que Camille Richez et Claudia Scaraffiotti racontent volontiers qu’un lieu réussi est toujours celui dont l’identité fait naturellement sens.

Les mots changent. La conviction demeure.

Accueillir ne consiste jamais uniquement à ouvrir une porte. C’est concevoir celles et ceux qui la franchiront demain.

Un client ne se résume jamais à une réservation. Un investisseur n’est jamais uniquement un apporteur de capitaux. Une équipe n’est jamais seulement une addition de compétences. Quant à un lieu, il n’est jamais uniquement un bâtiment.

Il raconte toujours quelque chose de celles et ceux qui l’ont imaginé.

Le Château du Portereau raconte ainsi une certaine idée du temps long et de la cohérence des projets. DailyBird traduit l’attention portée aux détails que les clients ne voient parfois jamais mais dont ils ressentent pourtant immédiatement les effets. AYOKA Group incarne l’émergence d’une autre manière de penser l’hôtellerie africaine. Oversees enfin prolonge l’amour des commencements et des projets dont les plus belles pages restent encore à écrire.

Il existe peut-être dans l’hospitality un paradoxe dont elles parlent toutes à leur manière. Les lieux les plus réussis sont souvent ceux dont les clients ne perçoivent jamais toute la complexité. Ils semblent naturels alors qu’ils sont le fruit de centaines de décisions invisibles.

Le plus beau compliment adressé à un hôtel n’est d’ailleurs peut-être pas celui que l’on croit. Ce n’est pas toujours celui qui célèbre son architecture, sa technologie ou son excellence opérationnelle. C’est parfois simplement celui d’un voyageur qui dira s’y être senti attendu.

Quelques mots seulement qui résument finalement assez bien ce qu’elles cherchent toutes, chacune à leur manière, à construire.


OVERSEES & BOUCHÉES DOUBLES PARTNERS EN QUELQUES MOTS 👀

« Je voulais être présente dès la première page de l’histoire. »

Ce qui l’anime

Imaginer des projets dont la stratégie, la créativité et l’excellence opérationnelle racontent une même histoire.

Ce qu’elle préfère

Les commencements. Les premières pages des histoires qu’il reste encore à écrire.

Sa conviction

Les plus beaux projets sont toujours des aventures collectives.

Ce qu’elle imagine pour demain

Des lieux capables de devenir des destinations à part entière.


QUATRIÈME MOUVEMENT | Bâtir autrement

Lorsqu’on les interroge sur l’entrepreneuriat au féminin, leurs réponses empruntent finalement un chemin inattendu.

Toutes reconnaissent que certaines lignes continuent d’évoluer plus lentement que d’autres. Elles évoquent parfois l’accès aux financements, la nécessité de prouver davantage, la jeunesse ou encore la sous-représentation persistante des femmes dans certains environnements professionnels.

Pourtant, aucune ne fait véritablement de cette question le coeur de son récit entrepreneurial.

Comme si l’essentiel était ailleurs.

Construire plutôt que convaincre. Transmettre plutôt qu’accumuler. Imaginer plutôt que reproduire.

Leurs conseils se ressemblent davantage qu’ils ne diffèrent. Elles parlent volontiers d’apprentissage permanent, d’humilité, de curiosité et d’audace. Elles invitent à ne pas attendre le moment parfait et rappellent que les projets les plus sincères sont souvent ceux qui auront accepté d’évoluer avec le temps.

Le doute trouve également naturellement sa place dans leurs réponses.

Elles parlent des projets qui n’ont pas vu le jour, des concours perdus, des hésitations qui accompagnent parfois les plus grandes décisions ou encore de cette nécessité d’apprendre à recommencer. Comme si l’entrepreneuriat relevait moins d’une succession de réussites que d’une capacité à continuer d’avancer malgré les incertitudes.

Il existe enfin quelque chose de profondément rassurant dans leurs témoignages. Aucune ne semble considérer être arrivée là où elle souhaitait aller.

Toutes parlent déjà de demain.

D’un livre pour enfants qu’il reste encore à écrire. D’un établissement dont les premières pages demeurent encore blanches. D’un continent qu’il convient d’accompagner dans ses mutations. Ou encore des milliers d’attentions quotidiennes auxquelles il faudra continuer à redonner du temps.

Peut-être est-ce également cela qui caractérise leurs cinq parcours.

La création ne s’y conjugue jamais au passé.


KRAFT PLACES EN QUELQUES MOTS 👀

« Un lieu réussi est un lieu qui fait sens. »

Ce qui les anime

Prendre le temps nécessaire à l’émergence des projets qu’elles accompagnent.

Leur plus belle conviction

Les lieux possèdent eux aussi leur propre temporalité.

Ce qu’elles revendiquent

Préférer la sincérité des projets aux effets de mode.

Ce qu’elles imaginent pour demain

Créer des expériences désirables, pérennes et profondément humaines.


CINQUIÈME MOUVEMENT | Ce qu’elles bâtissent, In veritate

Une dernière question mérite alors d’être posée à la lecture de leurs témoignages : que reste-t-il, une fois les entreprises, les modèles économiques et les ambitions racontés ?

La réponse est peut-être plus simple qu’il n’y paraît.

Aucune ne commence véritablement par parler de son entreprise.

Elles parlent des autres avant de parler d’elles-mêmes.

D’un voyageur africain qui ne trouve pas toujours sa place dans les standards internationaux. D’une cliente dont une simple attention nécessitera près d’une heure de coordination. D’investisseurs auxquels il convient d’offrir davantage qu’un concept. Ou encore de lieux dont l’identité mérite d’être pensée avant même que ne soient dessinés leurs contours.

Elles parlent également d’équipes, de transmission, de doute, de rencontres et parfois même d’échecs.

Comme si l’essentiel était finalement ailleurs.

Les lieux évoluent, les usages se transforment et les modèles économiques se réinventent. Mais une conviction semble traverser leurs cinq parcours : un projet n’a de sens que lorsqu’il est pensé comme une aventure profondément humaine.

Créer ne consiste alors plus seulement à imaginer une entreprise ou un concept. Créer devient une manière d’habiter le monde et de prendre part, à son échelle, aux histoires des autres.

C’est peut-être là que réside la plus belle surprise de ce Grand Dossier.

Nous pensions écrire un article consacré à cinq entrepreneures de l’hospitality. Elles nous auront finalement parlé de transmission, d’intentions, de rencontres et d’humanité.

Parce qu’avant toute expérience, il existe une intention.

L’intention précède alors naturellement l’expérience.


AT A GLANCE

Why 5 Women Still Choose to Build in Hospitality

5 founders, 4 companies, 3 continents addressed

DailyBird (France): operational coordination SaaS for premium and luxury hotels, founded by Nina Pierquet

AYOKA Group (Africa): hospitality investment, operations and distribution, cofounded by Fatimata Bailly Nafo

Oversees & Bouchées Doubles Partners (France & international): hospitality development and restaurant concept acceleration, founded by Alicia Vegezzi

Kraft Places (France & international): strategy, interior architecture and global design for hospitality venues, cofounded by Camille Richez & Claudia Scaraffiotti

Shared conviction: entrepreneurship in hospitality is driven by human connection, mentorship and long-term vision, not by market studies or business plans alone

 

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