Coworking & Hôtellerie | Avec la faillite annoncée de Wework, le coworking hôtelier futur échec ?

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Intégrer du coworking dans les hôtels rappelle, pour les plus anciens hôteliers, le concept quasi mort-né des « Business Centers » à la fin des années 90 ! Ils étaient censés apporter rentabilité aux espaces banquets inutilisés et autres revenus annexes. La révolution digitale (smartphone, internet…) a fini d’achever ce concept qui n’a séduit que ses créateurs et ne s’est jamais imposé parmi les hôteliers !

Retour sur une expérience vécue par Manhou, « La Tribune de l’Hôtellerie »

« L’arrivée dans ce lieu dédié au coworking et considéré comme l’un des plus importants d’Europe, avait pourtant bien commencé : le responsable du lieu me promettait « alternative pertinente au télétravail solitaire, promesse d’échange entre entrepreneurs et  indépendants  et même de possibles synergies le tout dans une ambiance de campus proposant thé, café à volonté. Mais, on le sait, les promesses n’engagent que ceux qui y croient !

Vous avez dit Communication & Échange ?

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Un an après, la désillusion est totale. Entre mobilier dégradé et sale, changements de conditions « à la volée » (suppression du garage vélo pour les adhérents en formule de base, accès visiteurs réduits, limitation de l’accès aux salons pourtant vides …), manque d’intimité ou de lieux « calmes » (difficile de travailler à 2 mètres de stagiaires en « goguette ») et surtout une sociologie très singulière.

Dans ce lieu présenté comme transgénérationnel, première contradiction : une équipe d’animation centrée -et c’est assumé- sur la génération Z ( distribution de confiseries?!!, bière à volonté…) et surtout très peu de créateurs ou véritables entrepreneurs. Pour rentabiliser le modèle, les opérateurs de ce lieu de coworking, propriété d’une grande institution française, ont cassé le modèle et ne sont devenus que l’expression d’une logique de conversion de m2 inutilisés.

Pour supporter les charges locatives que l’on suppose importantes , l’opérateur de coworking a privilégié les plateaux ou bureaux loués par de grandes entreprises qui y déversent, à moindre coût et « hors vue » de leurs sièges sociaux, leurs trop-pleins de stagiaires ou de services considérés comme peu stratégiques  ( centres d’appel SAV,  téléprospection…). Et cette logique de plateau a aussi séduit nombre d’organismes de formation ou écoles qui y accueillent leurs stagiaires ou étudiants. On est bien loin de la startup nation, d’une Agora Grandes Écoles, de l’incubateur « Station F »!

Avec une écrasante majorité de moins de 20-30 ans voire, sur certaines périodes favorables aux stagiaires-écoles, de 20-25  ans  ( stagiaires…), difficile d’imaginer un créateur d’entreprise ou « free-lance » de 45 ans, mon âge, au milieu des commensaux !

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Passé 40 ans, vous relèverez de l’anomalie. Présent dans les lieux, au départ de mon abonnement, 4 jours par semaine, les 3 derniers mois, ma présence relevait de l’anecdote et fut souvent l’occasion d’utiliser le … photocopieur. Au bout de 10 mois, j’ai jeté l’éponge et intégré un bureau classique. Retour à la vie normale. Bonheur ! » Manhou, pigiste en liberté

Décryptage

La politique tarifaire segmentante et bénéfique !

La  mixité communicative en termes d’expériences, de niveaux ou d’âges n’étant pas un objectif atteint par le coworking, la solution passe par le prix ! Ainsi, on peut clairement indiquer qu’en fonction du tarif, la communauté et l’intérêt de la clientèle pour le produit s’harmonisent, trouvent de la cohérence.

Pour un établissement hôtelier, il faut donc appréhender le coworking sous le spectre « individuel affaires » (professions libérales, indépendants…) et appliquer un tarif segmentant propre à harmoniser les abonnés et à favoriser les échanges. Le coworking hôtelier ne peut être économique !

En clair, plus le modèle est économique moins l’échange est prolifique.

Des tarifs cohérents par rapport à sa cible

Une profession libérale établie n’ira pas spontanément dans les établissements économiques. La génération Z optera pour un lifestyle !

De surcroît, développer une clientèle locale prompte à utiliser les services de l’hôtel demande un minimum d’inclusion de l’établissement dans son environnement local et une forte sensibilisation du personnel aux enjeux de ce « staycation ».

Quid du coworking dans l’hôtellerie économique ?

Dans l’hôtellerie économique, le bénéfice du coworking (rentabilisation des m2 ou espaces restauration peu utilisés, image dynamique et acquisition d’une nouvelle clientèle) se résumera bien souvent à une question d’image avec un taux d’occupation des espaces quasi nul.

Pour le lifestyle/premium, l’offre coworking bien pensée peut être une bonne façon de conjuguer chiffres, ventes et images. Cependant, la tarification doit être simple et sans surprise et l’accès aux lieux publics non réglementés. Dernier élément, il faut éviter de cantonner les « coworkers » à des zones bien délimitées et excluantes !

Reste à sensibiliser le personnel à cette clientèle « staycation ».

Alors un avenir pour le coworking en hôtellerie ?

« Beaucoup de doutes quant à la pertinence du modèle sur l’économique, plus d’intérêt pour le lifestyle/premium. » telle pourrait être notre conclusion. Lapidaire et réaliste

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