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Robotisation | Quand la protection des femmes de chambre accélère la robotisation des hôtels

Entre réduction des crédits, hausse des coûts et percée de l'intelligence artificielle, les métiers des étages entrent dans une phase de transformation sans précédent.

Robot de service @ credit Depositphotos.com
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Réduction des crédits, hausse des coûts, réorganisation des étages : les arbitrages destinés à protéger les femmes de chambre pourraient accélérer la transformation technologique du housekeeping.

Le sujet reste encore largement absent des débats publics de l’hôtellerie. Pourtant, dans les étages de nombreux établissements, une évolution profonde est en cours.

Face à la pénibilité reconnue du métier de femme de chambre, les services de médecine du travail sont de plus en plus nombreux à préconiser des aménagements de poste se traduisant par une réduction du nombre de chambres attribuées quotidiennement à certaines collaboratrices.

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Pour les professionnels du secteur, le phénomène n’a rien d’anecdotique. Directeurs d’hôtel, directeurs d’exploitation et gouvernantes générales évoquent une augmentation sensible de ces arbitrages depuis plusieurs années.

Dans certains établissements, ces réductions de crédits peuvent atteindre 20 à 25 % du volume de chambres initialement prévu.

L’objectif est parfaitement légitime : limiter les troubles musculo-squelettiques, préserver la santé des salariés et réduire l’usure physique d’un métier unanimement considéré comme l’un des plus exigeants de l’hôtellerie.

Mais cette évolution n’est pas sans conséquences sur l’organisation des établissements.

Une équation économique de plus en plus complexe

Chaque réduction de crédit produit un effet mécanique.

Lorsque le nombre de chambres attribuées à une femme de chambre diminue, le coût d’entretien de la chambre augmente. L’hôtel doit alors compenser par davantage d’effectifs, davantage d’heures travaillées ou une réorganisation complète de son fonctionnement.

Les directions disposent théoriquement de voies de recours pour contester certaines préconisations médicales. Dans la pratique, ces procédures sont longues, complexes et rarement engagées. La plupart des exploitants préfèrent prendre acte des décisions et adapter leur organisation.

Depuis plusieurs années déjà, les établissements investissent dans des actions de prévention : formations gestes et postures, matériels ergonomiques, chariots adaptés, lève-lits ou encore mobilier suspendu permettant de limiter certaines contraintes physiques.

Certains groupes sont allés plus loin en intégrant des séances obligatoires d’échauffement musculaire avant la prise de service, une pratique inspirée de l’industrie ou de la logistique.

Malgré ces initiatives, la tension demeure.

La fin progressive du modèle des crédits ?

Face à cette nouvelle réalité, plusieurs opérateurs commencent à remettre en question l’organisation traditionnelle du housekeeping.

Dans certaines ouvertures récentes, les équipes ne raisonnent plus uniquement en nombre de chambres mais en sections opérationnelles.

L’hôtel est alors découpé en zones dont chaque femme de chambre devient responsable. Les chambres VIP, les suites ou les chambres occupées par des membres des programmes de fidélité sont confiées à des premières femmes de chambre ou à des brigades volantes spécialisées.

Cette organisation présente plusieurs avantages.

Elle permet de stabiliser les périmètres de travail, de renforcer la qualité du suivi et de réduire les débats quotidiens autour du nombre de chambres attribuées.

Parallèlement, certains établissements cherchent à diminuer le nombre de tâches confiées aux équipes d’étage.

Des concepts comme Zoku ont déjà démontré qu’une partie des demandes clients pouvait être transférée vers des espaces dédiés où les clients récupèrent eux-mêmes certains équipements ou consommables : oreillers supplémentaires, linge, produits divers ou petits équipements.

Une évolution qui participe à une réflexion plus large sur le périmètre futur du métier.

Facility management : une étape transitoire

Pour absorber les contraintes actuelles, de nombreux exploitants ont recours à la sous-traitance spécialisée, au facility management ou à un volume croissant d’extras.

Ces solutions offrent une souplesse bienvenue dans un contexte marqué par les tensions de recrutement et les contraintes opérationnelles.

Mais elles ne constituent probablement qu’une phase de transition.

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Car derrière ces ajustements se dessine une transformation beaucoup plus profonde : l’automatisation progressive des tâches les plus répétitives.

La révolution robotique est déjà en marche

Pendant longtemps, la robotisation de l’hôtellerie s’est limitée à quelques robots aspirateurs ou robots de livraison évoluant dans les couloirs des établissements.

Cette époque est désormais révolue.

Comme l’a récemment analysé La Tribune de l’Hôtellerie dans son dossier consacré à l’impact de l’intelligence artificielle et de la robotisation sur les métiers de l’hospitality, les capacités des nouvelles générations de robots progressent à un rythme particulièrement soutenu.

Robotisation des chambres, un sujet majeur pour LTH. Pour en savoir plus, cliquez sur les liens ci-dessous

👉 Intelligence artificielle et robotisation : quels métiers de l’hôtellerie-restauration sont exposés ?
https://latribunedelhotellerie.com/ia-robotisation-metiers-hotellerie/

Les expérimentations se multiplient déjà dans les opérations hôtelières.

👉 Nightfood et TechForce Robotics déploient leurs solutions au Hilton Garden Inn Rancho Mirage
https://latribunedelhotellerie.com/nightfood-techforce-robotics-hilton-garden-inn-rancho-mirage/

Plus récemment, l’apparition de robots capables d’intervenir dans les opérations de nettoyage a démontré que certaines tâches autrefois considérées comme difficilement automatisables pouvaient désormais être réalisées par des machines.

👉 Zerith H1 : le robot qui s’attaque aux métiers du nettoyage
https://latribunedelhotellerie.com/robot-zerith-h1-hotellerie-menage/

L’arrivée de robots humanoïdes dotés d’intelligence artificielle renforce encore cette dynamique.

👉 FlashBot Arm : les robots humanoïdes arrivent dans l’hôtellerie
https://latribunedelhotellerie.com/ia-et-hotellerie-robots-humanoides-dotes-dia-revolution-annoncee-gros-plan-sur-le-spectaculaire-flashbot-arm/

Nous sommes désormais très loin des premiers robots aspirateurs.

Les progrès récents de l’intelligence artificielle, de la vision assistée par ordinateur et de la robotique permettent déjà à certaines machines d’effectuer des gestes de plus en plus complexes dans des environnements réels.

Des métiers qui vont évoluer, pas disparaître

Pour autant, imaginer des hôtels totalement dépourvus d’équipes d’étage relève encore de la fiction.

Les fonctions de gouvernante générale, gouvernante ou première femme de chambre devraient au contraire voir leur importance renforcée.

Contrôle qualité, personnalisation de l’expérience client, gestion des standards, supervision des opérations et coordination des équipes demeureront des missions à forte valeur ajoutée humaine.

En revanche, les tâches les plus répétitives et les plus standardisées pourraient progressivement être transférées vers des solutions technologiques.

Ce que de nombreuses directions hôtelières regardent aujourd’hui n’est plus seulement comment compenser les réductions de crédits.

La réflexion porte désormais sur la manière de diminuer durablement le nombre de tâches nécessitant une intervention humaine dans les chambres.

Un paradoxe pour l’industrie hôtelière

Le paradoxe mérite d’être souligné.

En cherchant à protéger un métier reconnu comme pénible, le système pourrait contribuer, indirectement, à accélérer les investissements dans des technologies destinées à réduire la dépendance à ce même métier.

Moins de crédits.

Plus de coûts.

Moins de productivité.

Davantage de contraintes opérationnelles.

Et, en face, des technologies dont les capacités progressent chaque année.

L’histoire économique montre que les grandes ruptures technologiques apparaissent souvent lorsque les modèles existants atteignent leurs limites.

L’hôtellerie pourrait bien être en train de vivre l’une de ces ruptures. Certains opérateurs intègrent d’ores et déjà cette nouvelle donne. 

La véritable question n’est peut-être plus de savoir si les robots entreront dans les étages.

Mais à quelle vitesse.

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