Succession Hotel Negresco, Nice : deux ex-présidents du tribunal de commerce en garde à vue

Tous deux sont entendus dans le cadre d'une enquête du parquet national financier autour de la succession du Negresco, rapporte Nice Matin.

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Bientôt dix ans que le Negresco, fleuron de l’hôtellerie française, est au cœur de multiples batailles judiciaires. Revenu aux bénéfices alors qu’il tournait à perte en 2011, selon la direction, le Negresco est le dernier palace familial de l’Hexagone resté français, doté du label « entreprise du patrimoine vivant » valorisant le savoir-faire tricolore. En raison de sa renommée, il pourrait valoir entre 300 et 400 millions d’euros, selon une estimation de 2016, sans compter le mobilier et les oeuvres d’art. Sans descendants, Jeanne Augier, morte en 2019 à l’âge de 95 ans, avait créé dix ans plus tôt un fonds de dotation (« Mesnage-Augier-Negresco ») destiné à gérer son patrimoine après sa disparition. Les bénéfices doivent aller au développement de l’hôtel, à la défense des animaux, aux handicapés et au « rayonnement de l’art français ». La famille de la défunte est toujours ignorée par la justice.

Dès 2013, alors qu’une administratrice judiciaire avait été nommée à la tête de l’établissement, la justice avait commencé à soupçonner des manœuvres autour de Jeanne Augier et de l’hôtel, au moment où sa propriétaire était placée sous tutelle. L’année suivante, Pierre Couette, spécialiste d’histoire de l’art originaire du Mans et tout jeune administrateur de l’hôtel à l’époque, était visé par une procédure pour « abus de faiblesse », licencié puis mis en examen en 2016. Il bénéficiera d’un non-lieu en mars 2020.

Enquête pour « corruption, trafic d’influence et prise illégale d’intérêt »

Ce mercredi, Nice Matin se fait l’écho d’un possible rebondissement dans l’affaire. Selon le quotidien, Fabien Paul et Jean-Marcel Giuliani ont été placés en garde à vue. L’un fut président du tribunal de commerce de Nice de 2006 à 2017, l’autre lui a succédé jusqu’en janvier 2021. Tous deux « sont entendus dans le cadre d’une information judiciaire ouverte par le parquet national financier » pour « corruption, trafic d’influence et prise illégale d’intérêt » dans l’affaire de la succession du Negresco. (…) Lire la suite sur Le Point