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« Si je ne trouve pas de logement, je partirai » : des saisonniers racontent leurs galères à trouver un toit durant les vacances d’été

France Info essaye de décrypter la situation des saisonniers dans les zones de haute tension immobilière. La côte bretonne, les Pyrénées ou le sud-ouest ne sont plus épargnés ! Et pourtant des solutions existent ou doivent exister ! Une implication des collectivités locales est nécessaire car les employeurs seuls ne peuvent régler ce problème !

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« Dans le resto où je travaille, on est six ou sept employés en galère de logement. Par ici, il n’y a rien pour les saisonniers. » Kevin (son prénom a été modifié), barman de 31 ans, reconnaît qu’il a « les nerfs ». Arrivé de Vendée en mars, il travaille jusqu’à la fin de l’été dans un restaurant du centre de Biarritz (Pyrénées-Atlantiques). Au Pays basque comme sur la Côte d’Azur, en Bretagne ou en Corse, la place manque pour accueillir vacanciers et renforts saisonniers.

Côté saisonniers, on dénombrait un peu plus d’un million de personnes en contrat en France, selon des chiffres du ministère du Travail de 2019. Parmi elles, la moitié exerce dans la restauration, l’hébergement et les loisirs. Pour certains, il faut quitter sa région d’origine pour migrer vers les zones plus touristiques. Mais quand l’employeur ne peut pas héberger lui-même, comment trouver un logement pour quelques mois à peine, la durée moyenne de contrat étant de deux mois ?

« Des conditions hors-la-loi »

Pour Kevin, qui travaille une soixantaine d’heures par semaine, les problèmes ont commencé après un différent avec l’ami qui l’hébergeait. Il se retrouve à la rue en juin. « J’ai fait une semaine d’hôtel, et j’ai posté un message sur une bonne vingtaine de groupes sur les réseaux sociaux », retrace-t-il.

Rien n’est évident : « Les propriétaires font des visites groupées, avec des horaires imposés, ce qui est compliqué avec le travail. Ils proposent des baux étudiants de septembre à juin, ou bien des locations hors de prix avec des conditions hors-la-loi, comme gagner quatre fois le loyer et avoir un garant. Tout ça pour une chambre de 15 m2 à 850 euros par mois », s’indigne-t-il. Malgré son salaire de 2 500 euros net, Kevin a dû ruser. En parallèle de son contrat en CDD, son employeur lui a fourni un faux contrat de CDI pour mieux postuler aux offres de logement.

Coup de chance, c’est finalement sans dossier que le Vendéen a obtenu une sous-location dans une commune limitrophe, grâce à la confiance d’amis d’ami. Il sous-loue à son tour une des chambres à un collègue « en galère ». Mais la ritournelle de la recherche recommence déjà. Tous deux devront partir fin août de l’appartement, alors que le CDD de Kevin ne se termine que deux mois plus tard. Son patron lui propose pourtant, pour cette fois, un vrai contrat en CDI. « Mais si je ne trouve pas de logement, je partirai. On ne vous donne pas envie de vous installer ici. »

Derrière la question du logement, celle du mal-logement (…) lire la suite sur France Info

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