Hôtels, auberges de jeunesse… L’autre guerre des étoiles

Le premier ministre Jean Castex, en déplacement dans la région Centre, annoncera samedi 20 novembre de nouveaux critères pour classer l’hébergement marchand. L’offre hôtelière, notée de une à cinq étoiles, intégrera notamment des exigences de développement durable alors qu’un classement spécifique aux auberges collectives va voir le jour. ◊

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Toilettage pour les étoiles. 87 % des chambres d’hôtel en France font l’objet d’un classement méticuleux, leur attribuant de une à cinq étoiles en fonction de leurs prestations. Les critères, fixés pour la dernière fois par une loi de 2009, vont faire peau neuve et seront détaillés samedi 20 novembre lors d’un déplacement du premier ministre Jean Castex en région Centre, l’occasion de la présentation « d’un plan de reconquête du tourisme », affecté par la crise sanitaire.

(…) C’est dans ce contexte que la modernisation des classements des hébergements marchands se pose. De nouveaux critères ont été discutés ces derniers mois conjointement par Atout France, organisme public chargé depuis 2012 de certifier les établissements qui font une démarche d’évaluation de leurs prestations, et les principales organisations professionnelles du secteur. Ils pourraient entrer en vigueur le 1er avril 2022, a annoncé Guillaume Lemière, chargé des affaires juridiques chez Atout France, en début de semaine.

Services numériques, développement durable…

La présence dans les hôtels de services numériques comme un enregistrement (check-in) dématérialisé, de salles destinées à des espaces de vie ou de travail (coworking), ou encore d’une prise en compte du développement durable seront ainsi valorisés dans l’attribution des étoiles, sans qu’il soit permis de savoir pour l’instant dans quelle mesure.

Guillaume Lemière a promis que les critères de développement durable seront « atteignables et accessibles ». Les représentants de la filière poussaient pour qu’ils soient pris en compte. « Si l’hôtel a un comportement vertueux, cela doit se retrouver dans le classement, témoigne Franck Trouet, porte-parole du GNI, le Groupement national des indépendants de l’hôtellerie, l’un des syndicats présents aux négociations. La volonté, c’est désormais de dire que les services que nous apportons à nos clients, nous les rendons de la manière la plus respectueuse possible de l’environnement. »

Montée en gamme ?

« C’est important pour la compétitivité de la destination : le but est de dire qu’en France, le tourisme est décarboné », analyse Vanguelis Panayotis, président de MKG Consulting, une entreprise de conseil dans l’hôtellerie. D’après une étude de l’Ademe, l’agence de la transition écologique, parue en avril 2021, si le tourisme compte pour 11 % du bilan carbone national, l’hébergement marchand ne pèse que pour 2,5 % de ce total – les transports, l’avion en premier lieu, pesant pour 77 %.

Pour les autorités publiques, l’intégration de ces nouveaux critères doit permettre de poursuivre l’objectif affiché de montée en gamme du secteur. « Le classement doit pousser aux investissements, explique Stéphane Botz, associé hôtellerie chez KPMG. Beaucoup d’hôtels ont besoin de rénovations, de se mettre à la page en termes d’isolation. »

« Cela n’a pas de sens de parler de montée en gamme, tempère toutefois Vanguelis Panayotis. La majorité de l’offre hôtelière française est une offre économique. Le but du classement est d’harmoniser l’offre et de montrer aux gens qu’il y a une hôtellerie économique fonctionnelle, où ils peuvent bien dormir et avoir un bon petit-déjeuner. »

Un classement propre aux auberges de jeunesse

Nouveauté des annonces, la guerre des étoiles va s’exporter aux hébergements collectifs, plus communément appelés auberges de jeunesse. À l’image des campings, elles bénéficieront d’un classement distinct.

Une consécration du développement de ce segment de l’offre depuis quinze ans en France. « Nous avons une offre sur ce segment, autant la valoriser », résume aussi Franck Trouet. « L’auberge de jeunesse existe depuis toujours, mais elle avait une mauvaise image, rappelle Vanguelis Panayotis. Les chaînes hôtelières ont participé ces dernières années à les remettre au goût du jour. Le classement doit permettre de les valoriser, mais aussi de structurer et normer ces produits. Cela reste un marché de niche, mais ça permet l’accès, notamment, à des destinations urbaines qui sans cela auraient été trop chères. »

Les hôtels « 3 étoiles », préférés des voyageurs

Il y a plus de 17 000 hôtels en France d’après l’Insee. Un bon tiers est constitué d’établissements 3 étoiles : ils sont l’option la plus prisée des voyageurs, locaux ou non, puisqu’en 2019, ils ont représenté 37,7 % des nuitées réservées, devant les 4 étoiles puis les 2 étoiles.

Laissée exsangue par le Covid, l’activité du secteur se redresse. (…) Lire la suite et article complet sur La Croix (réservé abonnés – Offre 1€)

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